Et voici venu l’heureux temps des bilans de cette année 2015 ! De vraies découvertes, des coups de cœur et bien sûr quelques déceptions, bref une année riche en musique ! alors quels sont les cinq disques qui ont retenus le plus mon attention cette année ? La réponse c’est ici et maintenant avec ce classement Dudesque à souhait !

ALBUM DE L’ANNEE 2015 !

AaRON-We-Cut-The-Night1 Aaron « We cut the night » Après deux albums studio et un live remarqué, le duo pop français Aaron nous revient avec « We cut the Night« , leur 3ème Lp après cinq années de silence. La formule ne change pas vraiment, l’ensemble est plus dansant, plus électro mais l’on peut d’ors et déjà rassurer les fans de la première heure, Aaron continue à nous fournir son lot de ballades dont ils ont le secret (« Maybe On the Moon » et « Shades Of Blue »). Simon Buret, le chanteur cisèle toujours autant ses textes, tandis que les musiques d’Olivier Coursier sont toujours aussi accrocheuses. Plus pointu, plus sombre aussi, l’ensemble est un véritable florilège de ce qu’ils savent faire de mieux. Les titres forts sont nombreux à commencer par « Ride On » et « Magnetic Road » mes deux titres préférés auquel j’ajouterais le titre éponyme de ce Lp « We cut the Night ». Un troisième essai plus que réussi. Ne reste plus qu’à découvrir ces nouveaux titres en live !

Ma note:♥♥♥♥♥/5.

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816FmBWcCiL._SL1400_2 Noel Gallagher « Chasing Yesterday » Août 2009, Paris, festival de Rock en Seine, Oasis se séparait avec pertes et fracas dans un énième pugilat dont les frères Gallagher avaient le secret. Les Abel et Caïn du rock anglais allaient dorénavant suivre des chemins différents : Liam Gallagher et les autres membres d’Oasis sous la bannière des « Beady Eye » et Noel Gallagher sous celle des « High Flying Birds ». Six ans plus tard, à l’heure de compter les points, l’issue du match ne fait plus guère de doute. Beady Eye n’existe plus, la faute à deux albums médiocres, la recette n’a pas fonctionné et ce que tout le monde prédisait c’est réalisé. The Chief était bien celui qui tenait la baraque dans feu Oasis. En Octobre 2011, Noel Gallagher sortait « Noel Gallagher’s High Flying Birds ». Un premier Lp salué par la critique et couronné d’un succès public indéniable avec près de 2,5 millions de copies écoulées dans le monde. « Everybody’s on the run », « If I Had a Gun » et « Aka What a life » démontraient par leur qualité le savoir faire de l’aîné de la fratrie terrible. La tournée mondiale qui s’en suivra, de plus de 140 dates, confirmera que le projet solo du Gallagher tenait vraiment route. La tournée mondiale qui s’en suivra, de plus de 140 dates, sera elle aussi un succès. Depuis, le calme plat précédant la tempête à venir. Quelques démos font surface ici et là sur les réseaux sociaux et Noel de confirmer qu’il enregistre et mixe entre Londres et New York un nouveau disque. Mars 2015, l’aîné des frères Gallagher est enfin de retour pour un second round avec son « Chasing Yesterday » au titre délicieusement nostalgique. Nulle présence de Dave Sardy cette fois-ci, les dix nouveaux titres sont produits par Noel lui-même, dont la grande gueule légendaire s’est rappelée à nous ces dernières semaines avec des attaques médiatiques à tout va dont il a le secret et des interviews tordantes sans langue de bois. Tout le petit monde de la musique ne bruisse que de cela et comme à chaque fois, on allait voir ce qu’on allait voir. Oasis n’est plus mais rien ne change au fond dans la façon que Noël a de promouvoir un album qui sera on s’en doute « the fucking masterpiece ! ». Alors, qu’en est-il réellement de ce « Chasing Yesterday » tant désiré ? Une première réponse s’ébauche autour de la cohérence d’un ensemble très bien produit. Les instrumentations utilisées sont plus variées et il se dégage de ce Lp le sentiment d’une grande sérénité. Sûr de sa force, The chief nous assène d’entrée un « Riverman » qui ouvre le disque de la plus belle des manières avec son solo de guitare et son saxophone fou. « In the Heat of The moment », premier single de « Chasing Yesterday » est plus anecdotique même s’il joue les classiques de service avec son refrain entêtant. « The girl with X ray eyes », « The Dying of the light » et surtout « the right stuff » sont justes sublimes et sonnent comme autant de sommets de pop anglaise délicieusement produits. Des ballades mais aussi des titres jouissifs à souhait, plus électriques et rythmés comme « Lock All The Doors », qui aurait eu tout à fait sa place sur un disque d’Oasis période Be Here Now, ou bien encore « You Know We Can’t Go Back » aux accents très pop US. Pour « Chasing Yesterday », les riffs sont bien là et d’une précision chirurgicale. Pas de réel temps mort mis à part « The Mexican », titre le plus faible à mon sens. Un disque abouti et plus ambitieux aussi au niveau de la production avec des sonorités très Pink Floyd et un rendu final assez cinématographique. « The Ballad of the mighty and I », second single choisi, clôt le Lp de la plus belle des manières avec à la guitare l’autre gloire de Manchester, Johnny Marr. Noel Gallagher prouve une nouvelle fois, s’il en était besoin, qu’il a sa place dans le panthéon du rock anglais. Ce second effort solo enfonce le clou et nous fait dire que décidément la carrière solo lui sied bien.

Ma note:♥♥♥♥♥/5.

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78423653 DENEZ PRIGENT « Ul Liorzh vurzhudus » Dire que j’attendais cet album est un doux euphémisme ! Douze ans de silence ponctué de rares apparitions sur scène, Denez Prigent prend son temps et sait à merveille conserver cette part mystérieuse qui fait la richesse de son art. « Ul Liorzh vurzhudus » ou le jardin enchanteur, un titre qui est on ne peut plus en harmonie avec ce que dégage ce cinquième album de Denez Prigent. Denez, car c’est ainsi qu’il faut dorénavant l’appeler, a écrit, encore et encore, des gwerz ou complaintes chantées dans la langue de son cœur, de son âme, le breton. Ces gwerz nous emportent dans un autres monde, celui de la nature, de ses racines, du Trégor où il vit à présent, de la mort aussi, qui a hélas emporté récemment sa compagne. Il lui consacre une gwerz en forme d’épiphanie longue de plus de dix minutes. Sommet d’émotion et de pudeur, un écrin fragile et dans un même élan la force d’une voix unique faisant songer au souffle puissant du vent en Bretagne, à une mer tempétueuse, un climat doux et rude à la fois, l’eau ruisselante forgeant ces côtes déchiquetées. Denez c’est un peu de tout cela, les racines mais aussi l’ouverture sur le monde dans sa diversité. On voyage au gré des titres, entièrement composés et fruit d’un travail de patience en studio associé à la spontanéité d’un enregistrement dans des conditions live. Denez signe une nouvelle fois un disque magistral, à la fois envoûtant et palpitant, ancré et universel, ancestral et résolument moderne. Atypique, touchant, sincère, cet album a pu voir le jour grâce à la contribution de Coop Breizh qui a permis de produire ce dernier. Un grand merci à eux et à Denez, en attendant de découvrir ces titres en live lors de sa tournée qui j’en suis certain attirera connaisseurs et néophytes en soif d’authenticité.

Ma note:♥♥♥♥♥/5.

http://www.coop-breizh.fr/ecouter-2/musiques-2/les-grands-noms-512/cd-denez-prigent-ul-liorzh-vuzhudus-6315/zoom-fr.htm?recherche=

http://www.denez.fr/

http://musique.fnac.com/a8118019/Denez-Prigent-Ul-liorzh-vurzudhus-An-enchanting-garden-CD-album

ob_cf8342_stylus4 WILLIAM SHELLER « Stylus » « Stylus » de William Sheller met fin à sept longues années d’absence. C’est toujours aussi beau et subtil. Les textes sont moins hermétiques et l’artiste de signer ici un grand disque dans la tradition de son oeuvre. Du Sheller en somme.

Ma note:♥♥♥♥♥/5.

1500x1500sr5 NICOLAS GODIN « Contrepoint«  Nicolas Godin, moitié de Air signe son premier LP solo avec « Contrepoint« . Le disque est créatif et éthéré à l’image de son auteur qui a voulu ici s’inspirer librement de Bach en transformant à sa façon certains de ses morceaux. « Widerstehe doch der sünde » le premier extrait est un choix judicieux qui rend bien compte du travail de l’artiste. Un voyage exigeant, assez hermétique mais qui ravira les amateurs de l’artiste.

Ma note:♥♥♥♥♥/5.