Littérature : « Là haut vers le Nord » J. Boyden – « Les neuf cercles » R.J. Ellory

9782226182395gL’Histoire : Là-haut, vers le nord de l’Ontario, vivent des femmes et des hommes, indiens pour la plupart. Joseph Boyden évoque avec sensibilité leurs histoires singulières au parfum de légende : une jeune fille tombe amoureuse d’un loup ; un jeune homme prétend envers et contre tout être un ours … Ces nouvelles étonnantes de l’auteur du Chemin des âmes, mélange fascinant d’émotion, de violence et de poésie, dessinent les pleins et les déliés d’une communauté humaine.

Joseph Boyden poursuit sa réflexion et nous fait découvrir à travers ses nouvelles la froide réalité de la vie dans les réserves pour les communautés Amérindiennes. Le constat est accablant : drogues, violences, alcoolisme, suicide chez les jeunes.. la liste est longue et la souffrance de ces peuples Indiens réveille nos consciences abasourdies par tant d’inégalités aujourd’hui encore au Canada. Jamais plombantes malgré ce douloureux sujet, les nouvelles nous amènent, grâce à la puissance d’évocation de l’écriture de Boyden, à sublimer ce quotidien sinistré pour y retrouver ici et là les oripeaux d’une civilisation brillante qui a connu son âge d’or avant l’arrivée de l’homme blanc et son cortège de malédictions. Le catholique que je suis ne peut que réfléchir aux nombreux dégâts apportés par la religion en ces contrées où on les traitaient ces hommes en éternels mineurs sans réelle conscience. Les destructions apportées à leurs cultures sont majeures, mais aussi les affres d’une existence sans but, sans horizon. Qui sont-ils ces autochtones comme on les appellent ? Les portraits dressés par Joseph Boyden nous offrent le visage d’une Amérique du Nord qui peine encore à donner une juste place aux peuples Amérindiens. « Là haut vers le Nord » confirme s’il en était besoin le talent de son auteur. Sublime.

Ma note:5 /5.

141202_yw94s_rci-pauvrete_sn635image PC_110421_64500_seau-toilette-autochtones_sn635

Ellory-NeufCercles-HiResL’Histoire : De retour du Vietnam, John Gaines a accepté le poste de shérif de Whytesburg, Mississippi. Une petite ville tranquille jusqu’au jour où l’on découvre, enterré sur les berges de la rivière, le cadavre d’une adolescente. La surprise est de taille : celle-ci n’est autre que Nancy Denton, une jeune fille mystérieusement disparue vingt ans plus tôt, dont le corps a été préservé par la boue. L’autopsie révèle que son cœur a disparu, remplacé par un panier contenant la dépouille d’un serpent. Traumatisé par le Vietnam, cette guerre atroce dont  » seuls les morts ont vu la fin « , John doit à nouveau faire face à l’horreur. Il va ainsi repartir au combat, un combat singulier, cette fois, tant il est vrai qu’un seul corps peut être plus perturbant encore que des centaines. Un combat mené pour une adolescente assassinée et une mère de famille déchirée, un combat contre les secrets et les vérités cachées de sa petite ville tranquille. Si mener une enquête vingt ans après le crime semble une entreprise périlleuse, cela n’est rien à côté de ce qui attend John : une nouvelle traversée des neuf cercles de l’enfer.

R.J. Ellory est devenu une figure incontournable du thriller et ses livres se taillent à chaque fois un très joli succès. Je ne vous le cache pas, je suis un inconditionnel de son oeuvre qui allie une qualité d’écriture indéniable, un sens du suspense hors pair ainsi qu’une toile de fond historique toujours intéressante car elle nous permet d’appréhender certaines zones d’ombre de l’histoire contemporaine américaine. « Les neuf cercles » son dernier livre sorti en poche est un condensé de ce qu’il a déjà su parfaitement faire dans ses précédents ouvrages, même si j’y apporterais un léger bémol. Entendons nous bien, c’est un livre réussi comme à chaque fois mais c’est dans le même temps, à mon sens, son livre le moins bon. Je suis moins rentré dans l’intrigue et j’ai trouvé la fin un peu tirée par les cheveux, cette dernière me laissant sur ma faim. Ellory m’a semblé moins inspiré sur ce coup. Restent de beaux moments malgré tout avec tout de même cette réserve émise un peu plus haut. Prochain livre d’Ellory, « Les assassins » toujours chez Sonatine et qui fera l’objet d’une prochaine chronique. Efficace à défaut d’être génial.

Ma note:4/5.

Publicités