Je remercie chaleureusement les éditions Delcourt ainsi que Babelio pour cette lecture enrichissante !

Ma chronique :

Les éditions Delcourt nous gâtent avec ce « Falstaff » inspiré des pièces « Henry IV » de William Shakespeare. On y retrouve au scénario et à l’adaptation Pierre Boisserie, au dessin Goho et à la couleur Isabelle Merlet et Jean-Jacques Rouger. Il faut avant toute chose savoir que Falstaff est un personnage de fiction imaginé par Shakespeare, un personnage comique qui eut un immense retentissement du vivant du dramaturge. Il faut dire que Shakespeare n’épargne pas les puissants avec ce personnage haut en couleur, rabelaisien, ripailleur, buveur invétéré fréquentant tous les tripots et les bordels de Londres, en compagnie d’un autre jouisseur indécrottable, le futur Henri V qui, pour le moment, est bien éloigné du sens de sa tâche. Falstaff a une mauvaise influence sur lui. Mais malheureusement, Falstaff, qui croit manipuler ce futur roi, est en réalité la proie de manipulateurs bien plus malins et retors que lui. À malin, malin et demi. À ce petit jeu, le futur Henry V est adroit, malin à défaut d’être véritablement intelligent. On suit donc ce Falstaff dans ses pérégrinations, lui qui est endetté et donc mauvais payeur, avec son talent inné de bonimenteur s’inventant des histoires toutes plus improbables les unes que les autres. Il est gros, il est laid, mais il sait mener sa barque. Le pari de l’adapter en BD n’était pas simple, même si le potentiel comique est là. Le résultat est très intéressant. Le choix esthétique des planches m’a plu. C’est classique, mais cela colle bien avec le sujet. Le scénario de Boisserie rend le récit contemporain alors que le texte a été écrit il y a quatre cents ans. Menteur et couard, assez curieusement, on finit par s’attacher aux roueries de Falstaff, un chevalier qui est loin d’être débonnaire. Narcissique, Falstaff se pense en séducteur, ce qui est pourtant loin d’être le cas. Il faut lui reconnaître sa constance dans les mensonges dans lesquels il s’enferre. Au final, on obtient une BD agréable et drôle, respectueuse du texte originel mais n’ayant pas peur de glisser quelques incartades. Le travail des éditions Delcourt est à saluer.

Date de publication : 10 septembre 2026 ; Éditeur : Delcourt ; Nombre de pages : 152 p.

Mon avis :

Note : 4.5 sur 5.