Ma chronique :

Publiée originellement en 1887, « Le Horla » est une nouvelle fantastique signée Guy de Maupassant. On ne présente plus les frères Brizzi, Paul et Gaëtan, qui réalisent, une nouvelle fois, un chef-d’œuvre absolu du genre. Au dessin représentant frontalement les choses, ils préfèrent le vaporeux, le suggéré et le mystère de ce que l’on ne peut voir, mais qui se devine pourtant par intermittence. L’angoisse monte crescendo avec cet homme riche possédant un hôtel particulier et du personnel de maison. Tout semble aller pour le mieux, jusqu’au jour où celui-ci commence à se sentir souffrant. Un mal de tête récurrent et des insomnies de plus en plus longues et ravageuses pour l’esprit. Peu à peu, quelque chose s’immisce dans la santé mentale de notre pauvre bougre. Il pense ressentir la présence du Horla, une entité, un esprit maléfique et fantomatique. Il le voit sans le voir : est-ce le fruit de son imagination épuisée ? Sombre-t-il dans la folie, dans les affres de la dépression et du surmenage ? Une dépression profonde peut également expliquer ces phénomènes paranormaux. Je ne vous en dirai pas plus pour mieux découvrir ce petit bijou de noirceur, un concentré de peur et d’effroi qui ferait un superbe film fantastique. Les planches des frères Brizzi sont superbes ; ce noir et blanc est du plus bel effet. Le coup de crayon est remarquable et c’est un vrai bonheur de s’immerger dans ce récit. Notre homme s’enferme, se calfeutre chez lui, n’ose plus sortir de sa prison mentale. Il est rongé par la peur et son obsession est de détruire ce dont il est certain : il s’agit d’un esprit qui lui veut du mal. La descente aux enfers mène jusqu’au drame. Maupassant a su exprimer la folie avec une modernité confondante. Les obsessions de cet homme sont minutieusement retranscrites, tout en ménageant un rythme soutenu, une écriture ciselée ne trahissant pas Maupassant et l’esprit du texte original. Aujourd’hui, on parlerait de décompensation psychique pour cet homme sombrant corps et âme dans la paranoïa la plus extrême. Une histoire triste, mélancolique, car on voudrait tellement croire en une guérison de cet homme. La « Bibliothèque fantastique » est une collection des frères Paul et Gaëtan Brizzi, qui ont l’envie d’adapter un livre par an, tiré d’une nouvelle ou d’un court roman fantastique d’un grand écrivain du XIXe siècle. Les éditions Futuropolis réalisent un bel objet. Je trouve personnellement cette couverture superbe. Je vous recommande cette formidable BD.

Date de publication : 6 mai 2026 ; Éditeur : Futuropolis ; Nombre de pages : 80 p.

Mon avis :

Note : 5 sur 5.