
Je remercie chaleureusement Babelio et les éditions Actes sud pour cette lecture !
Ma chronique :
Oliver Lovrenski est entré en littérature comme on pénètre sur un ring. Un langage cru fait d’uppercuts violents, de poussée d’adrénaline pour décrire un monde, celui de la rue, viscéralement gangrené par le trafic de drogue. J’ai songé à « Deliver Me », la série suédoise de Netflix, qui voyait deux jeunes garçons évoluer dans ce coupe gorge que sont la rue et ces trafics en tout genre. Ici, nous ne sommes pas à Stockholm, mais à Oslo en Norvège. Lovrenski a fait sensation avec ce roman « Tah l’époque », à seulement dix-neuf ans. Il est d’origine croate, mais il vit à Oslo. Ce premier roman est paru en 2023 et il est très vite devenu un best-seller avec un accueil critique et public dithyrambiques dans son pays. Ce qui peut dérouter au départ, c’est ce langage très cru, ces expressions, cette langue propre aux quartiers défavorisés. Il m’a fallu un peu de temps pour m’immerger dans ce monde où la vie n’a aucune importance, où seul compte l’oseille et la came. Une plongée hyperréaliste, très violente avec des chapitres qui n’en sont pas vraiment parce qu’ils ne font que quelques lignes. Avec Lovrenski, on va à l’essentiel et on ne s’embarrasse pas de fioritures. Nous sommes donc à Oslo où vivent quatre gamins de quinze ans : Ivor, Marco, Arjan et Jonas. Des gamins des rues tombés très jeunes dans la drogue et ses trafics. La mort ne les effraie pas, c’est la règle, tuer ou frapper avant d’être touché soi-même. Le langage ne laisse pas la place aux sentiments. Il est très limité, pauvre, mais comment pourrait-il en être autrement lorsque l’on sèche l’école si jeune, qu’on vit dans des familles déstructurées. Un univers sombre où ces quatre gosses vont vouloir tirer leur épingle du jeu. On consomme de la drogue en quantité phénoménale, mais aussi des benzodiazépines (ou anxiolytiques). Un roman coup de poing qui ne laisse pas indifférent. On adhère ou pas, c’est selon. Pour ma part, une fois rentré dans ce récit, j’ai pu mesurer la souffrance de ces gamins des rues. Certains mourront d’overdose, d’autres seront assassinés dans des règlements de compte ou dans le meilleur des cas emprisonnés. C’est un texte puissamment évocateur, avec du souffle. Un univers, par moment, très glauque avec quelques moments plus lumineux, mais qui ne durent jamais très longtemps. Je recommande cette lecture de « Tah l’époque » de Oliver Lovrenski publié chez Actes Sud. C’est assurément un auteur à suivre.
Date de publication : 4 Février 2026 ; Éditeur : Actes Sud ; Nombre de pages : 320 p.
Ma note :


Merci pour cette chronique Frédéric….
Bon dimanche…
🌞🌞🌞
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Bonjour Frédéric, même si ce langage très cru est bien adapté au sujet, je crains de ne pas trop adhérer… Mais je comprends très bien que ce puisse être un très bon roman, que ce style ait de la force. Merci beaucoup de ta chronique 🙏😊 Excellent dimanche ☂️🌫❄️📚🤩🍀✨️
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C’est un roman rude avec un style d’écriture qui m’a désarçonné au tout début. Merci Barbara, bon dimanche à toi 😊☀️
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Bonjour Marie-Anne, franchement ce langage très cru, cette langue de la rue avec ses expressions propres, cela m’a désarçonné. Je l’ai aimé parce que j’ai trouvé ce récit très proche de la réalité. Merci beaucoup Marie-Anne pour tous ces échanges et ta fidélité au blog. C’est chouette. ☀️😊🙏📚☂️🌦️🤩
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Merci pour ton retour Frédéric. Je ne pense pas être attirée par un roman aussi dur au langage cru.
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