Ma chronique :

« Nuremberg » est réalisé par James Vanderbilt et s’inspire librement du livre The Nazi and the Psychiatrist de Jack El-Hai. Je n’ai pas lu le livre, mais j’ai trouvé ce film absolument passionnant, car on y apprend cet épisode où un psychiatre a été chargé d’évaluer si les dignitaires nazis arrêtés et présents durant ce procès, le premier du genre, étaient fous ou pas. Comment tenter de saisir, de comprendre ces hommes incarnant le mal absolu. Himmler se suicida le 26 mai 1945, Adolf Hitler le 30 avril, Martin Bormann le 2 mai 1945. Les autres, comme Adolf Eichmann ou Mengele en fuite en Amérique latine, d’autres rejoindront la Syrie, le Moyen Orient. Ils sont finalement 24 à s’asseoir sur le banc des accusés. Parmi eux, tous les regards sont braqués sur Hermann Goering, le n°2 du régime nazi et le potentiel successeur de Hitler. On suit donc les préparatifs du procès et le procès lui-même en choisissant de concentrer l’intrigue, le récit, autour de la figure ambiguë et manipulatrice de Goering. Pour incarner à l’écran un tel personnage, il fallait un acteur d’exception et c’est Russell Crowe qui le campe et d’une façon magistrale. Tantôt affable puis retors, c’est un homme brisé mais qui fait encore illusion. Il ne renoncera jamais à son allégeance au Führer. Il nie jusqu’à l’absurdité qu’il connaissait l’existence des camps d’extermination ou bien encore des camps de concentration. Un tel aveuglement est pathétique mais il démontre ce que le psychiatre américain, très bien joué par Rami Malek, avait décelé. La soif du pouvoir est leur moteur principal. Le pouvoir, toujours le pouvoir… Le casting cinq étoiles est au diapason d’un film plus que réussi même si l’on peut lui reprocher un trop grand classicisme. C’est Russell Crowe qui retient toute l’attention. Il est méconnaissable mais il arrive à apporter toute la finesse de son jeu. Grand drogué, Goering prend jusqu’à quarante comprimés d’opiacés par jour. Le procès débute le 20 novembre 1945 et s’achève le 1ᵉʳ octobre 1946.. Michael Shannon est lui aussi excellent en juge Robert Jackson. Les images des montagnes de cadavres découverts lors de la libération des camps forment un point central du long métrage. La solution finale, le grand dessein d’Hitler et de tous ceux qui l’ont suivi dans cette folie. Goering sera condamné à la mort par pendaison mais il échappera à son sort le jour de son exécution en se suicidant à l’aide d’une capsule de cyanure. Au final, on obtient un film de près de 2 h 30 qui arrive à ne jamais nous ennuyer malgré sa durée. Il faut dire que le casting y est pour beaucoup. Une page d’histoire, essentielle pour comprendre, surtout dans le contexte actuel de guerres, combien il est important de juger les criminels de guerre, quels qu’ils soient. C’est sans doute naïf mais nous devrions pourtant tendre vers cela. « Nuremberg » est un très bon film que je vous recommande si vous aimez l’histoire.

Je pense que c’est un excellent moyen d’intéresser les collégiens et lycéens à l’indicible, à cette blessure toujours à vif qu’est la Shoah.

Mon avis :

Note : 4 sur 5.