Ma chronique :

« La Petite fille aux allumettes » est un conte écrit par le célèbre auteur H.C. Andersen publié au Danemark en 1848 avant d’être réédité en 1863. Il connut un immense succès. Andersen fut très pauvre durant son enfance, sa jeunesse. « La petite fille aux allumettes » puise sans doute dans ce passé. Il nous raconte en un court récit, l’histoire, le soir du Nouvel An, d’une petite fille sans chaussure et sans gant, effrayée à cette nuit tombée alors qu’elle est seule dans la rue, affamée. Elle n’a pas réussi à vendre les allumettes que son père violent et infâme lui a confiées. Elle le sait, si elle rentre, elle sera battue. Elle décide de brûler des allumettes pour se réchauffer, son corps et son esprit deviennent cotonneux. Bientôt, elle voit sa grand-mère disparue avant que cette dernière ne la serre dans ses bras. Chaque flamme des allumettes la fait rêver à une vision du bonheur. Il y a une infinie mélancolie dans ce conte. Sûrement, l’un des plus beaux contes d’Andersen. Benjamin Lacombe signe des illustrations absolument magnifiques. On ressent la noirceur du texte, la pauvreté, la faim, le froid, mais aussi une infinie tendresse, celle de cette grand-mère pour sa petite-fille. Le rêve supplante le manque cruel, abyssal lié à la pauvreté Benjamin Lacombe a un don incroyable pour créer des illustrations qui restent longtemps en mémoire, qui marquent. Cette petite fille a de grands yeux et dégage une infinie douceur malgré les morsures du froid. La flamme s’échappant de l’allumette ressemble au halo lumineux entourant une fée. Une infinie poésie s’en dégage, beaucoup d’amour avec sa grand-mère disparue. La fin de ce conte est sombre et dans un même élan lumineux. Les deux se rejoignent, la réalité de la pauvreté et la magie du récit, du conte. L’objet est beau avec cette couverture qui cristallise tout ce que contient ce texte. Édité chez Albin Michel, « La Petite fille aux allumettes » mise en image par Benjamin Lacombe est un concentré d’émotion, une plongée dans l’âme de ce qu’il y a de plus fragile, d’innocent et de plus important à protéger : une enfant. Une BD absolument magnifique. Si vous aimez, tout comme moi, Benjamin Lacombe, cette BD est faite pour vous !

Date de publication : 19 novembre 2025 ; Éditeur : Albin Michel ; Nombre de pages : 64 p.

Mon avis :

Note : 5 sur 5.