Je remercie Babelio et les éditions Le Seuil pour ce service presse.

Ma chronique :

Assez curieusement, je connaissais Antonio Munoz Molina de réputation, mais sans jamais avoir osé franchir le Rubicon afin de le lire. C’est chose faite avec son nouveau roman paru aux éditions Seuil pour cette rentrée littéraire 2025. « Je ne te verrai pas mourir » est un livre qu’il faut apprivoiser pour qu’il nous offre un réel plaisir de lecture. Au début de ce récit, j’ai été quelque peu perdu avec des phrases extrêmement longues, quasiment sans ponctuation, mise à part des virgules. Par la suite, le style devient plus classique. L’écriture est très belle et l’on comprend pourquoi cet auteur a une telle renommée dans le monde de la littérature contemporaine.

Mais qu’en est-il de ce roman ? Nous sommes en 1967, Gabriel et Adriana s’aiment passionnément. Mais nous sommes dans l’Espagne de Franco. Les perspectives et les chances de réussir une vie professionnellement ambitieuse et épanouissante ne sont pas légion. L’Espagne s’est fossilisée dans un archaïsme qui durera jusqu’à la mort du dictateur Franco. Adriana va se marier avec un autre homme, tandis que Gabriel partira lui aux Etats-Unis pour mener une brillante carrière. Il se mariera à son tour. Ils n’échangeront pas pendant près de cinquante ans. Et puis, l’occasion se présente, un peu miraculeuse, celle de se revoir alors que la vieillesse et la mort les appellent au soir de leur vie. Adriana est gravement malade, affaiblie. Dans cette ultime épreuve, ils souhaitent se voir secrètement sans leurs conjoints respectifs. Le temps d’une nuit. Cette passion n’est jamais véritablement retombée et elle se réveille, à nouveau, ce soir-là. Le récit d’une nuit en apesanteur, entre désir et souvenirs. Le temps presse et ils le savent. Ils ont changé chacun(e) à leur façon. Mais comme un miracle, la passion se réveille. Bien sûr, elle n’est plus tout à fait la même car les affres du temps ont passé. Alors on s’évertue à profiter de chaque minute ensemble.

Vous l’aurez compris, c’est un roman sur l’amour, la passion, le désir, la résilience également. J’ai aimé le style, même si ces longues phrases sans ponctuations véritables m’ont décontenancé au début. C’est un roman qui prend son temps, même s’il est très court. J’émet néanmoins quelques réserves avec une histoire aux déroulements parfois obscurs. La fin ne m’a pas apporté les réponses que j’attendais. Je me suis même, à quelques moments, ennuyé. Au final, l’auteur sonde l’âme humaine et le sentiment amoureux. Une lecture plutôt difficile, surtout au début, mais la beauté de la prose de Antonio Munoz Molina emporte néanmoins le lecteur/lectrice. Ce fut mon cas.

Date de publication : 22 août 2025 ; Éditeur : Seuil ; Nombre de pages : 240 p.

Mon avis :

Note : 4 sur 5.