Ma chronique :

Nous sommes à Byzance au IVe siècle ap. J.C. Constantin, empereur des romains, dirige d’une poigne de fer son empire. Il est connu pour s’être converti au christianisme et pour avoir instauré les bases officielles de cette religion au concile de Nicée en 325. Constantin était donc chrétien, mais dans les faits, c’était un empereur totalement paranoïaque et sanguinaire. Ainsi, dès le début du roman de François-Henri Soulié, « Les pirates de Dieu », on voit Constantin ordonner la mort de Fausta son épouse, ainsi que de Crispus, son propre fils, qu’il a eus avec Minervina, une de ses concubines. Fausta est morte ébouillantée dans ses bains tandis que Crispus est assassiné. L’auteur, nous les présente comme deux amants cherchant à comploter pour renverser Constantin. Cela plante le décor, surtout qu’à Jérusalem, la même année, en 326, cinq corps sont découverts marqués d’une plaie en forme de poisson. Le poisson était le symbole utilisé par les premiers chrétiens. Constantin qui s’efforce d’imposer le christianisme dans tout l’empire, prend ces assassinats comme un affront personnel. Il décide d’envoyer un bateau avec sa mère Héléna, Aurelius son plus proche conseiller ainsi que deux jeunes pirates qui se retrouvent là par une succession de circonstances, eux qui étaient promis à devenir esclaves après avoir vu leur bateau coulé par une trirème romaine. Quel secret se trame derrière ces assassinats ? Qui sont les adeptes du culte de Mithra ?

La force des romans de François-Henri Soulié réside dans le réalisme de sa reconstitution historique. C’est le troisième thriller historique que je lis de lui et c’est toujours avec le même bonheur que je me plonge dans ses récits. Le style d’écriture est beau et la narration dense sans jamais nous perdre. On apprend beaucoup de choses sur cette période clé de l’Antiquité. Les personnages principaux dont ces deux jeunes pirates sont attachants. La folie de Constantin est bien rendue. Le contexte politique, religieux et social bien amené. On sent tout le travail de documentation et dans un même élan, il n’y a pas du tout ce côté scolaire, un peu ennuyeux d’une leçon. Érudit certes, mais jamais redondant. L’intrigue est bâtie sur un socle solide où la grande histoire croise la petite. Quand on aime l’histoire, les romans de François-Henri Soulié sont un vrai bonheur. L’intrigue autour de l’enquête n’est pas vraiment le principal intérêt de ce thriller. Ici, c’est davantage la reconstitution qui importe. Le rythme est soutenu, mais il laisse aussi du temps pour apprivoiser les différents personnages, leur psychologie, leurs rôles, leurs statuts. On découvre un monde en plein bouleversement politique, religieux. J’ai trouvé la couverture de ce livre particulièrement belle. C’est un petit détail qui se rajoute à l’ensemble et qui donne envie de s’immerger dans ce bain antique. Complots et trahisons sont au menu d’une histoire diablement efficace. Véritable page-turner, « Les Pirates de Dieu » de François-Henri Soulié saura contenter les curieux, tout comme les passionnés d’histoire. Si vous n’avez encore jamais lu François-Henri Soulié, n’hésitez pas, c’est un des auteurs importants de thrillers historiques. Un coup de cœur que je recommande.

Mon avis :

Note : 4.5 sur 5.

Date de publication : 6 février 2025 ; Éditeur : 10-18 ; Nombre de pages : 480 p.