Je remercie chaleureusement les éditions Harper Collins ainsi que Babelio pour ce service de presse.

Ma chronique :

Sarah Barukh est l’auteur de plusieurs romans engagés, notamment celui paru en 2023 (déjà aux éditions Harper Collins) « 125 et des milliers ». Elle nous revient avec un roman choral ensorcelant ponctué de portraits saisissant magnifiquement la réalité de cette lutte menée contre l’obscurantisme islamiste. On entend les voix des opprimés, des victimes partout dans le monde. Différents personnages parcourent « De bleu, de blanc, de rouge et d’étoiles », des témoins qui jalonnent une chronologie mouvante avec pour pierre angulaire la tuerie de Charlie Hebdo en janvier 2015. On y retrouve un migrant, Isaias ; Rima, une toute jeune fille condamnée à mort au Pakistan pour avoir été violée (vous avez bien lu cette réalité révoltante) ; Mo ou Mohammed, un jeune français vivant dans une cité en proie à la montée de l’islamisme radical et d’autres personnages que je vous laisse le soin de découvrir. Mo n’est pas radicalisé et sa sœur de cœur est même juive. Son frère par contre est totalement radicalisé. Mais le personnage principal est une franco-israélienne, médecin psychiatre, qui se prénomme Jeanne. À travers elle, c’est toute la problématique de l’antisémitisme qui est abordée. Jeanne rejoindra l’Israël. Le roman est ponctué de chapitres passionnants, mais surtout déchirant sur la guerre opposant Palestiniens et Israéliens. Sarah Barukh nous délivre une perspective forcément sombre de cette triste situation à travers le monde. Mais son roman est aussi un cri du cœur et donc un message de cœur à cœur, d’où la présence des étoiles dans le titre. Une espérance chevillée au cœur justement, celui d’un rapprochement, d’une possibilité, certes utopique aujourd’hui, d’une cohabitation possible entre les religions. Le livre est une peinture, un instantané de la situation en France et dans d’autres régions du monde. Les manifestations monstres aux cris de « Je suis Charlie » mais déjà dans le lointain des personnes qui elles n’étaient pas du tout Charlie et qui pensaient qu’après tout, ils l’avaient bien cherché. Une idéologie mortifère gangrène la société et l’on perçoit en creux l’inquiétude de la communauté juive qui est parfaitement exprimée dans ce roman. Les personnages sont pour la plupart inspirés de véritables personnes, ce qui donne d’autant plus de réalisme aux faits relatés. Le sort réservé à Rima, cette jeune pakistanaise, m’a particulièrement ému. Isaias, le jeune migrant, vit dans une telle misère et pourtant l’autrice en fait un symbole d’espoir et vous comprendrez pourquoi en lisant ce beau roman. J’ai aimé la plume sensible de Sarah Barukh, son absence de fatalisme malgré la dureté des faits qui s’égrènent jour après jour. Cette note d’espérance malgré les avanies n’a pas de prix.

Date de publication : 8 janvier 2025 ; Éditeur : Harper Collins ; Nombre de pages : 250 p.

Mon avis :

Note : 4.5 sur 5.