Je remercie chaleureusement les éditions Albin-Michel pour ce service de presse.

Ma chronique :

« Retour à Belfast » est le titre du tout premier roman d’un auteur d’Irlande du Nord, Michael Magee. Une histoire qui ne pouvait pas se passer ailleurs, lui qui est rédacteur en chef du magazine littéraire Tangerine, basé justement en Irlande du Nord. On parle de ce roman en cette rentrée littéraire et en positif, notamment outre-manche où la presse a salué sa qualité d’écriture.

Le synopsis est le suivant : après des études littéraires à Liverpool, Sean Maguire est de retour à Belfast. Il vit dans un quartier ouvrier où il retrouve sa mère et l’un de ses frères qui vivent dans un appartement très modeste. Belfast est encore meurtri par les décennies de lutte entre catholiques et protestants. Cette violence appartient au passé, mais elle est néanmoins encore latente. Le feu couve et les souvenirs douloureux affleurent encore. Dans chaque famille, ce conflit a laissé des traces. Mais pour Sean, les soucis sont plutôt d’ordre économique, comment payer le loyer ? se nourrir, payer les factures en somme ? Il trouve des petits boulots, vivote au chômage de temps à autre. Il fréquente des fêtards invétérés qui ne semblent pas avoir dépassé l’adolescence alors qu’ils ne font plus partie de cette classe d’âge depuis bien longtemps. Sean s’abîme dans des soirées où la bière, les alcools en tout genre et surtout la drogue l’emmènent vers une succession de désillusions. La coke est partout puisque son propre frère en consomme jusqu’à en devenir littéralement fou. Sean en prend pas mal aussi. Un soir, à la sortie d’une boîte, il frappe très violemment un autre homme. Ce dernier tombe et sous le choc perd connaissance. Sean va devoir passer devant un tribunal. Un bien mauvais départ pour celui qui se rêve différend de la caricature qu’il offre de lui-même. Ce roman traite du poids du destin. Peut-on se sublimer et arriver à construire ce que les autres n’attendent pas de vous ? Un camé, un alcoolique, peut-il abandonner une vie dissolue pour se tourner vers un meilleur avenir ? Sean est intelligent, ce n’est pas un mauvais garçon, mais ses fréquentations ne l’aident pas. Et puis, il y a ce secret de famille, ce père parti il y a longtemps déjà. Belfast n’est pas le meilleur endroit pour abandonner ces déboires et les excès en tout genre. Est-on condamné à suivre un destin auquel on ne peut échapper ? Serait-il inéluctable ? Sean enchaîne les boulots mal payés ou mal considérés, les soirées de défonce. Michael Magee arrive, malgré tout, à nous le rendre attachant. Sean est complètement paumé.

Michael Magee nous décrit une jeunesse désabusée, tentée par la défonce pour oublier un avenir au mieux médiocre. Un désenchantement générationnel, une crise d’identité aussi avec une Belfast, aujourd’hui encore divisée entre catholiques et protestants. Son écriture est viscérale, au plus près des sentiments, des sensations, des ressentis. Un ton juste, une noirceur certaine mais sans jamais tomber dans le glauque, le sordide. C’est là toute la force de ce premier roman avec un auteur à suivre assurément.

Mon avis :

Note : 4 sur 5.

Date de publication : 21 août 2024 ; Éditeur : Albin Michel ; Nombre de pages : 432 p.