
Je remercie chaleureusement Yves Montmartin pour ce service presse et sa confiance renouvelée depuis de nombreux romans déjà.
Ma chronique : « Calixte » est le premier tome d’une histoire consacrée à l’île d’Haïti durant la période contemporaine. Yves Montmartin signe ici, à mon sens, son tout meilleur roman. La maîtrise est totale que ce soit dans la forme (un style d’écriture au service d’une histoire poignante, de l’émotion mais aussi une colère sourde face aux abus de la junte des Duvalier), mais aussi sur le fond (avec une description détaillée de la vie si difficile là-bas à Haïti, dans les quartiers les plus pauvres, notamment la cité Simone, le plus grand bidonville de Port-au-Prince). Yves Montmartin est, je le dis à chaque fois, un humaniste qui défend une certaine idée de l’homme et de ses droits les plus fondamentaux. Dans ce roman, nous sommes dans les années 1980 à Haïti. Les Duvalier soutenu par les « tonton macoutes », véritable escadrons de la mort, font main basses sur l’aide internationale accordée à l’île. Calixte vit avec sa famille dans le plus grand bidonville de Port-au-Prince. L’avenir dans la cité Simone, c’est le marché pour les filles et le travail dans le port pour les garçons. L’école n’est pas une priorité. Comment pourrait-il en être autrement tant les conditions de vie sont déplorables : pas d’eau courante, pas d’égout, pas de sanitaires, l’eau est le bien le plus précieux sur l’île et elle est rationnée. Les habitations sont faites d’objets récupérés dans les grandes décharges à ciel ouvert. La promiscuité, l’insalubrité, le manque d’hygiène, font des ravages parmi les bébés et les enfants les plus jeunes. Calixte est doué à l’école. Il obtient son certificat d’étude grâce au père Céleste, un prêtre qui est soutenu par une association visant à sortir certains enfants de la misère, en leur offrant la possibilité de faire des études, pour avancer vers une vie meilleure. Grâce à un couple de Français, avec lequel Calixte échangera par courrier, celui-ci va peu à peu s’affranchir des carcans de son quartiers, ceux de la misère, pour réaliser son rêve : devenir enseignant. J’ai beaucoup aimé cette partie du roman d’Yves Montmartin. Calixte va grandir. Les livres vont lui ouvrir les portes du savoir, ils vont l’amener à réfléchir sur le devenir de son île. Son combat sera pacifique, mais non moins intense et courageux, puisqu’il fera de la lutte contre la famille Duvalier, son cheval de bataille. Chaque chapitre du roman est suivi d’une note sur l’histoire d’Haïti. Le vocabulaire employé contient des expressions de l’île, nous permettant une immersion totale dans le quotidien des Haïtiens. Je ne vous dévoile rien de plus sur cette histoire, tout juste pourrais je vous dire que sa dimension tragique ajoute une touche supplémentaire très émouvante. On mesure l’impuissance de la population à pouvoir changer la réalité d’un pouvoir corrompu et oppresseur. La misère la plus totale est parfaitement retranscrite. 1/3 des nourrissons meurent dans les tous premiers mois. Des chiffres terrifiants pour l’un des pays les plus pauvres du monde, l’un des plus reculés aussi en matière de droits de l’homme. L’autre réalité, c’est celle des gangs qui gangrènent les quartiers pauvres où l’Etat n’est, depuis bien longtemps, plus présent. Leur violence, leur rapacité n’a rien a envié aux « tontons macoutes. » Au final, on obtient un magnifique roman d’émancipation, une plongée cathartique avec Calixte, personnage magnifique et attachant, sensible, bon. Calixte est un personnage proche du Candide de Voltaire. Mais rien n’est simple à Haïti… Lisez Yves Montmartin. Un auteur à suivre assurément. J’ai hâte de découvrir le second tome !
Mon avis :


Ce livre semble vraiment décrire la réalité de cette île, c’est bien de voir aussi l’envers du décor sur ces endroits que l’on nous présente souvent comme des paysages de cartes postales. Merci pour la découverte, je te souhaite un bon week end 🙂
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C’est un roman absolument sublime. Mon préféré de Yves Montmartin. Vraiment, si tu as l’occasion, c’est un auteur à découvrir. Il écrit très bien et les thématiques de ses romans sont pétris d’humanisme. Ce qui par les temps qui court fait du bien. Merci beaucoup Ludivine, excellent weekend à toi aussi 🙂
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Je saurais m’en souvenir, merci du conseil 🙂 Bon dimanche Frédéric !
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