Littérature - Histoire - Poésie

Littérature : « Le consentement » de Vanessa Springora (Grasset)

9782246822691-001-TL’Histoire : Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. À treize ans, dans un dîner, elle rencontre G., un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses œillades énamourées et l’attention qu’il lui porte. Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin « impérieux » de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l’aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu’elle vient d’avoir quatorze ans, V. s’offre à lui corps et âme. Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque. Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables. Derrière les apparences flatteuses de l’homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire. V. tente de s’arracher à l’emprise qu’il exerce sur elle, tandis qu’il s’apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l’écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.

V. a treize ans, l’âge des premiers émois, celui ou la sensibilité d’une toute jeune fille commence à fleurir au sortir de l’enfance. Elle est élevée seule par sa mère, son père étant inexistant ou presque dans sa vie. Nous sommes dans un dîner mondain où sa mère a été conviée. V. y voit un homme, le premier qui daigne s’intéresser à elle. Il s’appelle G., il a cinquante ans et c’est un intellectuel brillant ayant toutes ses entrées dans les milieux littéraires parisiens. Il est souvent invité par un certain Bernard Pivot qui lui dresse un tapis rouge à chacune de ses apparitions télévisuelles. V. ne sait pas ce qu’elle recherche, sans doute l’amour d’un père qu’elle n’a pas et puis, à treize ans, comment mettre des mots sur ce que l’on ressent ou pressent. G. est derrière l’image de l’écrivain connu, un véritable prédateur sexuel, un pédophile notoire qui multiplie les abus sexuels sur mineurs. Il pratique le tourisme sexuel et s’en vante dans ses « œuvres », ses journaux intimes qui n’ont d’intimes que le nom car il vit de ces crimes commis contre l’enfance, l’adolescence.. car à treize ans, sait-on seulement ce qu’est être consentant.. Dans le milieu des années 80, à l’heure où une certaine gauche soixante huitarde célèbre Cohn Bendit et quelques autres dont G. qui souhaitent que la pédophilie soit reconnue et acceptée non seulement dans les cénacles et autres alcôves du pouvoir, mais aussi dans la société toute entière, Vanessa Springora se réapproprie son histoire ou bientôt plutôt son errance suite à l’indicible abus dont elle fût la jeune et innocente victime. Vanessa Springora, ce prénom et ce nom sont sur toutes les lèvres à l’heure de cette rentrée littéraire de janvier 2020. C’est en effet, un des livres importants de la rentrée et il s’appelle « Le consentement« . Un autre nom fait la une mais pour des raisons diamétralement opposées à celles de Vanessa Springora : Gabriel Matzneff. Cet écrivain, intellectuel porter aux nues par toute une intelligentsia gauchiste soixante huitarde, est l’incarnation du prédateur sexuel, du pédophile qui prétend faire le bien autour de lui en ayant des relations sexuelles avec des mineur(e)s. Aucune trace de culpabilité, pas l’ombre d’un remord, rien sinon le déni chez lui du mal qu’il a occasionné du fait de ces abus sexuels en série. Celui qui s’enorgueillissait de faire du tourisme sexuel aux Philippines, en Thaïlande.. violant des petits garçons de 11 ans, est aujourd’hui, enfin, cloué au pilori. Vanessa Springora raconte avec une acuité saisissante l’emprise de G. sur elle. Ce dernier a abusé de l’innocence de celle qui n’était alors qu’une toute jeune adolescente de treize ans. Le dégoût, la colère, la révolte, tous ces sentiments nous habitent durant cette lecture où Vanessa Springora ne nous épargne rien de son calvaire physique et psychique. Depuis l’irruption dans le monde médiatique du mouvement salutaire et courageux « #MeToo », la parole des victimes d’abus sexuels s’est libérée. C’est dans cette lignée de témoignages nécessaires que s’inscrit ce livre poignant, brûlot courageux contre ceux qui confondaient libération sexuelle avec les pratiques criminelles d’abus sexuels sur des mineures sans que le consentement de ces derniers ne soit à aucun moment mis en question. On en veut à cette mère qui n’a rien fait, à ce père absent, à ce philosophe, Cioran, qui lui conseille de rester avec G. parce qu’il est un artiste et que donc tout lui est permis. On est abasourdi par la répugnance de ce milieu intellectuel gauchiste à remettre en cause les pratiques de pédophiles protégés du fait de leur statut d’artiste. Un témoignage fort et nécessaire qui renverse les rôles. En osant briser cette loi du silence, Vanessa Springora signe un récit glaçant mais salvateur en signifiant que la seule victime dans cette histoire c’est elle, l’adolescente, qui fût broyée par cet être vil et infatué de lui-même, ce pervers narcissique pédophile. A lire absolument.

Ma note: 5/5

Broché : 216 pages
Éditeur : Grasset (2 janvier 2020)

Vanessa-Springora-Le-grand-mechant-loup-peut-avoir-une-apparence-tres-seduisante

(48 commentaires)

  1. Bravo pour cet article qui relate, tout en pudeur la teneur DU roman qui remue la sphère médiatique en ce moment, l’écrivain vers lequel les foudres s’abattent (Polanski respire un peu).
    Évidemment les faits, visiblement connus de longue date (ex-amis de Weinstein, si vous me lisez…), s’enflamment aujourd’hui (Frédéric Mitterand serre les fesses du coup) d’autant plus qu’ils sont assumés en quelque sorte par l’auteur dans ses écrits. Tant mieux si la parole se libère, tant pis pour l’écrivain qui se trouve privé d’éditeur.
    La question qui demeure dans tous les cas reste la meme : à partir de combien de décennies la prescription morale s’applique t elle aux œuvres de ceux qui se rendent coupables de ces agissements odieux ? (Charles Dodgson, si tu m’entends, la où tu es…)

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  2. Merci beaucoup ! oui c’est une très bonne question. J’aime ta façon d’appréhender les choses. C’est vrai que ce cher Lewis Caroll était un pédophile lui aussi.. Je pense qu’à la mort de l’auteur il peut y avoir une sorte de prescription des faits sauf si le livre ou journal intime est un appel clair à franchir la ligne jaune. C’est très complexe en fait. Sur un autre sujet comme l’antisémitisme, le racisme, doit-on rééditer « Mein Kampf » d’Adolf Hitler.. ça reste une grenade dégoupillée à ne pas mettre entre toutes les mains. On peut y ajouter un appareil critique certes mais l’œuvre reste nocive.
    Frédéric Mitterrand est un ignoble personnage qui mériterait de croupir en prison pour des faits de tourisme sexuel dans des pays où il abusait de mineurs. Je pense que la tolérance vis à vis de la pédophilie est bien moindre que dans ces années 70 – 80.. et fort heureusement d’ailleurs, la parole se libère. Passe un excellent weekend 🙂

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  3. J’ai énormément de mal à lire ce genre d’écrits non pas qu’ils faillent les taire bien au contraire mais ces actes pour moi sont inconcevables et criminelles lire de tels faits me revulsent et me donnent des hauts de cœur. L’emprise d’un pédophile est immense et détruit, même des années après des victimes n’arrivent même pas à en parler tellement la honte est présente. Un courage immense que l’auteure a eu, un dégoût immense pour le criminel et ceux qui savaient. Et pour finir il ne devrait y avoir aucune prescription

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  4. Ce n’est pas simple en effet. La censure n’est elle pas le carburant des idéologies inflammables ? On peut punir les hommes, on aura dû mal à éteindre les idées : racisme, antisémitisme, homophovie, xénophobie, et comportements déviants, … Ont encore de l’avenir hélas.

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  5. Je comprends. C’est un livre très éprouvant dénonçant une certaine époque et un milieu où cet écrivain vivait sans vraiment se cacher de ses penchants pédophiles. On a la nausée mais je ne regrette pas de l’avoir lu. C’est un témoignage précieux. La parole des victimes se libèrent avec le mouvement #MeToo notamment.

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  6. Je comprends ce que tu m’écris là mais je pense que personne n’est à l’abri. Nous pouvons tous être concerné malheureusement. Cela pourrait être mes nièces.. ou des jeunes filles de mon entourage proche. Ce n’est pas le cas fort heureusement mais ces prédateurs sexuels sont partout. Je me réjouis que les victimes puissent enfin témoignées.

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  7. Je te remercie de m’avoir incité à lire ce témoignage très fort de Vanessa Springora. Il aurait été dommage que je passe à côté tant ce sujet me touche, me bouleverse. Tu as raison, c’est le crime le plus abominable qui puisse être commis. Je suis heureux que la parole se libère et que les victimes puissent enfin s’exprimer suite au mouvement #MeToo.

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  8. Oui il faut que la parole se libère, mais ça passe par l’éducation, à mon avis. J’ai toujours parlé ouvertement de ce que mes enfants ne devaient pas accepter. Ma fille a 23 ans et je me souviens de la discussion que j’avais eu avec elle à même pas 7 ans, alors qu’elle partait en colo… Ma famille a été choquée que je lui parle de ça… C’est comme aborder le sexe avec une ado de 13 ans…. L’information, l’éducation, le dialogue, l’ouverture d’esprit contribuent à savoir dire non. Je suis née en 73 et mine de rien les tabous très présents…

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  9. C’est très juste ce que tu dis là Julie. Mes parents m’ont parlé très tôt à moi et à mon frère de ces abus commis par certains adultes à l’encontre des enfants et adolescents. Je suis né en 1982. On parlait encore peu de ces choses là. Il y avait des tabous qui étaient encore nombreux dans la société. On ne parlait pas des abus sexuels des prêtres par exemple. Un climat propre à ces années qui n’a fort heureusement plus lieu d’être aujourd’hui. La prévention en parlant le plus possible de cela.

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  10. Le meilleur moyen de protéger les enfants, c’est d’en parler. Alors, oui certains diront que l’on tue leur innocence, je suis convaincu du contraire. On préserve leur innocence et ils pourront devenir des adultes équilibrés. Ils auront des choses assez dures à gérer.

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  11. Coucou Cat ! c’est un livre douloureux mais nécessaire. Je ne regrette pas ma lecture car c’est un témoignage fort sur l’emprise de ce monstre sur cette très jeune fille. Il faut se sentir prêt à le lire. Rien d’obligatoire. Bisous de Bretagne pour le Sud 😊

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  12. Je peux comprendre le besoin de témoigner, libérateur pour l’auteure et celui de dénoncer une certaine fange notoire, mais impossible pour moi de lire ce genre de témoignage…
    Bonne fin de soirée Frédéric.

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  13. Ce livre, pour moi, est la parole d’une femme qui  » consent » à enfermer son  » ogre » dans des feuillets de papier afin qu’il ne puisse plus utiliser sa voix, son image, son corps, et ses émotions pour son plaisir de prédateur sexuel. Et, que cette parole est claire, limpide et nécessaire. Une bien belle chronique ! Merci Frédéric

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  14. Magnifique chronique Fred.
    Magnifique avis tout en pudeur mais aussi en révolte. Révolte que l’on comprend et que l’on ressent aussi vis à vis de V.
    Un livre qui fait effectivement la une de l’actualité littéraire. Un livre lui aussi tout en pudeur mais qui en dit long sur le calvaire que traversent ces jeunes filles ou garçon abusés et sexuellement mais aussi intellectuellement tellement ces prédateurs sont des pervers et des manipulateurs.
    Souvent il faut des années, des décennies pour que leur parole se libère.
    Il ne devrait pas avoir de prescription sur les crimes d’abus sexuels, voilà c’est dit !
    Alors merci à toi de mettre en avant ce roman, récit salvateur et porteur d’espoir, j’espère pour de nombreux enfants qui n’ont pu mettre des mots sur leurs traumatismes.

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  15. C’est révoltant ! Qu’on puisse de la sorte emprisonner une enfant pleine de rêves et revendiquer des actes aussi odieux ! Il a du falloir bien du courage pour se relever de cette abomination ! Un sujet certes trop dur pour moi mais que je suis contente d’avoir découvert au travers de tes mots…

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  16. Je pense que la parole qui se libère est une excellente chose.
    Ces pervers sexuels sont tellement persuadés d’agir normalement, sans l’ombre de la culpabilité et peut-être pour certains de partager un bel acte !
    Les témoignages de ce genre permettent de démasquer ces individus. De faire savoir ce qu’ils sont en réalité. Si ces pervers et ceux qui les protègent sont connus et jugés par leurs victimes et d’autres personnes ‘normales’, ils perdent la face, parce qu’ils perdent toute crédibilité artistique, ils sont montrés du doigt pour ce qu’ils sont réellement, pas pour leur qualité professionnelle, intellectuelle ou leur art. Enfin ! Ils dégringolent de leur perchoir ! Ne reste d’eux qu’un être lâche, écœurant, méprisable…
    J’admire le courage des victimes qui osent apporter leur témoignage, raconter ce qui est si difficile à dire et presque à revivre. Elles font avancer les consciences et j’espère que les lois puniront sévèrement les pédophiles.
    Je suis partagée entre l’envie de lire ou pas ‘le consentement’ ; c’est un témoignage mais je crains d’éprouver un immense dégoût. Les pervers et leurs agissements, c’est tout simplement des êtres insupportables, nuisibles, à sortir de nos sociétés !
    Mais ton article est intéressant. Tu as eu beaucoup de courage de lire ce livre.
    Bon dimanche.

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  17. Ce que tu m’écris là Colette est d’une telle justesse. Sans lire ce livre, tu as déjà tout saisi des enjeux de ce dernier. En effet, j’étais écœuré, dégoûté par ce qu’a pu subir cette toute jeune fille. Cet homme était un manipulateur qui a abusé physiquement et psychiquement de ces victimes. Ces êtres ont une emprise sur leurs victimes. Cette dernière est perçue comme un objet interchangeable, un jouet qu’on détruit.. c’est monstrueux. A dire vrai, je ne connaissais pas cet écrivain mais ce qu’il a commis et l’absence de remord qu’il éprouve, me font dire qu’il est un être méprisable qui mérite d’être banni de nos sociétés. Le mouvement #MeToo est salutaire car les femmes victimes peuvent enfin parler de ce qu’elles ont subis. Je te rejoins Colette, Vanessa Springora a beaucoup de courage. Le livre est éprouvant. ça fait mal mais je trouvais important de parler de ce livre. Merci pour tous ces échanges Colette, c’est riche. Je te souhaite un excellent dimanche 🙂

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  18. J’ai vu l’interview de Vanessa Springora dans Quotidien et je trouve incroyable qu’à l’époque personne n’ai eu la présence d’esprit d’enquêter sur cet homme … Qui parle librement de son comportement pédophile assumé et qui s’en vante même 😮
    Je suis incapable de lire un livre de la sorte mais je suis heureuse de voir qu’il fait grand bruit dans la littérature mais aussi dans les médias !!

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  19. Merci beaucoup ! C’est un livre éprouvant à lire et il a fallut beaucoup de courage à l’auteure Vanessa Springora pour panser ses blessures et écrire ce livre. J’étais révolté par l’absence de réaction de ces gens qui côtoyaient cet auteur et sa toute jeune victime. Fort heureusement, les mentalités ont évolués. Ce type est un monstre. Il n’a aucun remord. C’est dingue.
    Passe un beau dimanche 🙂

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  20. Merci beaucoup Matatoune pour ce retour sur ma chronique ! J’ai voulu en parler car je trouve que Vanessa Springora a eu beaucoup de courage de témoigner ainsi. Puisse ce livre servir de caisse de résonance pour d’autres victimes qui souhaiteraient témoigner à leur tour. Tu as tout à fait raison, le bourreau écrivain est pris à son propre piège, lui qui aimait raconter dans ses livres et journaux les horribles faits commis à l’encontre de tant d’enfants. Je te souhaite un beau dimanche Matatoune 🙂

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  21. Merci beaucoup Geneviève pour ce retour sur ma chronique ! Oui je te rejoins, pas de prescription pour ces crimes abominables. C’est à mon sens ce qu’un être humain peut infliger de pire comme blessure à un enfant, adolescent(e). Cela m’a toujours profondément révolté ! Quel courage et quelle force que celle de Vanessa Springora. Ce G. aimait raconter dans ses journaux et livres ses abus sexuels qu’il qualifiait autrement car pour lui nul remord.. Comme elle le dit si bien, elle l’a enfermé dans un livre où il est pris au piège pour l’éternité. Oui, je souhaite que ce livre soit un moyen pour d’autres victimes de briser la loi du silence, d’oser se confier enfin (chose qui n’est jamais évidente malheureusement car les bourreaux ont de l’emprise et sont de sacrés manipulateurs). Je suis heureux de voir les retours positifs sur ce livre. Vanessa Springora le mérite amplement.
    Bises bretonnes Geneviève 🙂

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  22. Merci beaucoup pour ce retour ! Oui tu as totalement raison, moi aussi ça m’a halluciné cette tolérance dans certains milieux intellectuels des années 80.. heureusement aujourd’hui, grâce à des femmes courageuses qui brisent le silence, je pense au mouvement #MeToo, la parole se libère peu à peu. C’est très courageux de la part de Vanessa Springora. Très heureux de ces retours positifs sur son témoignage, elle le mérite.
    Je te souhaite une excellente soirée Asciena 😊

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  23. A vrai dire, les agissements de ce monsieur sont connus depuis longtemps car il en fait lui-même étalage dans son « Oeuvre littéraire » (je mets des guillemets) et dans ses interviews dans tous les medias depuis des décennies … D’ailleurs il me semble avoir lu des nouvelles de Gide qui relataient également des faits de pédophilie présentés sous un jour positif …
    Cela prouve à quel point d’impunité et de bonne conscience ces écrivains peuvent arriver …

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  24. Hello Fred!
    Ta chronique m’a sciée …Le sujet est terrible …j’en ai beaucoup entendu parler à la radio, dans diverses émissions… Mais quelle horreur ! Et très bonne question de princecranoir…
    C’est impressionnant le nombre d’horreurs qui sortent actuellement …😔
    Je t’embrasse Fred, merci d’avoir mis cet ouvrage en lumière !

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  25. Coucou Gwen !
    Merci beaucoup c’est cool et ça fait plaisir. Un témoignage poignant sur l’horreur. J’ai été révolté par l’absence de réaction de ce milieu littéraire des années 80.. une autre époque qui n’a pu lieu d’être car aujourd’hui les victimes parlent, témoignent, écrivent et c’est réjouissant car il faut clouer au pilori ces monstres qui abusent de l’innocence d’enfants et d’adolescent(e)s. C’est sans doute le sujet qui me révolte le plus. Tu as raison, Prince Cranoir a posé la très bonne question qui suscite débats, échanges.. Je tenais à mettre ce livre en lumière et je suis heureux des retours. Merci encore Gwen, Gros bisous à la plus chouette des Alsaciennes ! 😊🤗

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  26. Je suis trop sensible, j ai du mal à mettre de la distance avec l auteur et ce qu il nous confie. Il n empêche que je trouve comme toi la démarche très courageuse. Belle soirée également

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  27. Comme toujours tes mots sont justes et résonnent. François Busnel reçoit ce soir dans La grande librairie Vanessa Springora, je n’ai pas encore lu son livre alors j’ai hâte de l’écouter… Je dois avouer que je ne connaissais pas cet auteur. Mais quelle horreur, c’est abject, cet homme ne m’inspire que du mépris, et tous les gens – de la sphère littéraire, médiatique et politique de l’époque – aussi… Je ne comprends pas comment ces gens-là ont pu laisser faire cette monstruosité… Car il s’agit d’un monstre, je n’ai pas d’autres mots. Il n’y a que les monstres qui « s’attaquent » ainsi aux enfants… dans les histoires. Que font ces monstres dans la vraie vie, dans la réalité… comment se fait-il qu’ils y aient leur place? En tout impunité! On les encourage même, pour la littérature!!! Pfff tout cela me désespère… En tout cas, on sent depuis quelques années, que quelque chose se passe, trop lentement certes mais les paroles se libèrent peu à peu, les femmes osent de plus en plus – quel courage, quelle détermination elles ont! – Je pense au témoignage bouleversant d’Adèle Haenel… Merci pour ta chronique, je vais écouter parler Vanessa Springora tout à l’heure, et je lirai sûrement son livre… car comme tu le dis il est nécessaire de le lire, il ne faut surtout pas ignorer, se dire que l’on n’est pas concerné, que les choses sont désormais prescrites… au contraire, plus que jamais, il faut écouter et partager au plus grand nombre ces histoires vraies qui ne sont malheureusement pas des fictions… et oui, les monstres existent.

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  28. Merci beaucoup Nadège pour tes mots. Je pense que c’est la chose qui me révolte le plus : qu’on s’attaque à des enfants, qu’on brise leur innocence et qu’on détruise leur vie à jamais. Il y a eu pendant trop longtemps une certaine acceptation dans ce milieu intellectuel de gauche de ce qui est surtout un crime abject et absolu. Vanessa Springora a été détruite par ce monstre. Elle aurait pu en mourir et la voir prendre au piège ce monstre dans un livre me fais profondément plaisir. C’est un livre qu’il faut lire parce qu’elle y montre le point de vue de la victime.. ne pas oublier que Matzneff vivait de ses crimes en publiant le récit de ses abus sexuels dans des journaux et autres romans. Voir la parole se libérer avec le mouvement #MeToo est vraiment important, essentiel. J’espère que ce livre va être suivi d’autres récits pour humilier et punir ces monstres qui n’ont pas une once de remord, de regret sur ce qu’ils ont commis à l’encontre de ces enfants, adolescents. Le procès de ce prêtre à Lyon, c’est le même profil. Ils sont uniquement centré sur eux même avec une absence totale d’empathie pour leurs jeunes victimes. C’est révoltant. Je ne peux que t’inviter Nadège à lire ce récit.
    Passe un beau weekend, Bises bretonnes ensoleillées 🙂

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  29. je viens juste de lire ta chronique (j’avais décidé de ne pas lire les critiques des blogueurs avant de rédiger la mienne car ce lire a déclenché des réactions contradictoires après l’avoir refermé.
    Beaucoup de colère contre la réaction des adultes, notamment celle de la mère (pour moi c’est de la non assistance à personne en danger car elle savait qu’il était pédophile mais n’a rien fait comme si elle était flattée 🙂
    la complaisance des journalistes littéraires de l’époque et les signatures sur la pétition dont ce pervers est lui-même à l’origine sont sidérantes.
    Elle semble s’en être bien sortie d’après ce que j’ai vu à LGL…
    un témoignage à lire 🙂

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  30. Je te rejoins totalement sur l’attitude criminelle de la mère qui est, on peut le dire, flattée que ce pédophile s’intéresse à sa fille.. Le père est totalement absent. J’ai été effaré par la complaisance de ce milieu littéraire de l’époque. Fort heureusement, avec le mouvement #MeToo les langues se délient et les victimes peuvent enfin témoigner. Pour moi c’est aussi fort que quand on a commencé à parler de pédophilie dans l’Église catholique. Mais très clairement, la mère a une attitude de complicité avec le bourreau. Merci pour ton avis Eve, excellente soirée à toi 🙂

    Aimé par 1 personne

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