Ma chronique :

Le 23 avril 1849, le jeune Dostoïevski est arrêté par la redoutable police du tsar (ancêtre de l’Okhrana) pour complot politique. C’est donc en prison, dans des conditions extrêmement difficiles, qu’il écrira cette nouvelle intitulée « Le Petit Héros ». Comme son titre le laisse supposer, l’écrivain russe écrit ici sur l’enfance et l’irruption des premiers sentiments amoureux vus à hauteur d’enfant, bien évidemment. Nous sommes ici en présence d’un jeune garçon de onze ans qui s’éprend d’une riche dame mariée. Elle est blonde, c’est même comme cela qu’il la nomme au début. Une femme très belle mais aussi cruelle et qui s’amuse des troubles du jeune garçon en sa présence. L’enfant la perçoit avec son regard bien à lui. Il n’est pas question ici de quelque chose s’approchant de la sexualité. Il est encore bien trop jeune. Il s’agit plutôt de tendresse, d’admiration, d’une attirance et de sentiments qu’il ne peut encore nommer. Un éveil suscité par cette jeune femme mariée. Le jeune garçon cherche à chasser la douleur, la tristesse ressentie par cette jeune femme. C’est une nouvelle qui décrit magnifiquement l’enfance, son âme et la fluctuation de ces ressentis. On passe de la joie aux souffrances d’un amour, le tout premier. La description de la nature est sensuelle et belle. C’est finalement du fond de sa cellule, à l’heure où il risque une lourde peine, que Dostoïevski rédige un texte tourné vers la lumière de la vie. Un jeune garçon qui apprend et subit ses premières blessures et frustrations. Il va se construire et oubliera cette jeune dame. Dostoïevski, de sa magnifique plume, nous replonge dans l’enfance et ces rêves, ces désillusions aussi, même si, à mon sens, il s’agit d’un des textes les plus lumineux de l’écrivain russe tourmenté. On s’attache à cet enfant qui nous touche par sa sensibilité, son courage aussi. C’est une nouvelle qui m’a beaucoup plu. Je recommande.

Date de publication : 17 septembre 2025 ; Éditeur : Babel ; Nombre de pages : 80 p.

Mon avis :

Note : 5 sur 5.