
Je remercie chaleureusement Babelio et la collection Folio pour cette lecture enrichissante !
Ma chronique :
Marianne Jaeglé, dans « L’ami du Prince« , à paraître dans la collection poche de Folio, nous parle, avec un talent d’écriture et un sens du récit, un souffle admirable, de la relation entre Sénèque et Néron. Sénèque le philosophe qui contribua à l’enseignement du jeune Néron. Il espérait faire de Néron un homme juste et bon pour son peuple. Seulement, dès son adolescence, l’empereur est sujet à des crises de paranoïa. Celui qui se rêvait artiste, se transforme peu à peu en tyran sanguinaire. L’incendie de Rome en juillet 64 de notre ère lui est imputé (à tort). Les complots ourdis contre lui se font plus pressants. Sachant sa vie menacée, Néron ordonne de brûler des chrétiens sur des croix dressées. Il cherche à détourner la population de la révolte, en leur offrant des bouc-émissaires suite à l’incendie de Rome. Il fait arrêter des milliers de personnes accusées de comploter. Sénèque refuse de participer à ces simulacres d’affabulations. Il décide se retirer dans sa villa à l’extérieur de Rome. Un Néron qui a fait assassiner sa propre mère Agrippine la Jeune, car elle empiétait sur son pouvoir. Agrippine, femme de pouvoir jusqu’à la démesure, qui a fait assassiner Claude, l’empereur ventripotent, violent et pervers qui a lui fait assassiner sa précédente épouse, l’impératrice Messaline. Agrippine (à moins que ce ne soit Néron?) empoisonne lors d’un repas le jeune Britannicus, fils de Claude et de Messaline. Il y a de quoi devenir fou, la mort rôdant partout, le poison, la dague prête à poignarder au cœur, autant de complots ourdis qui feront perdre pied à Néron. Lorsqu’en avril 65 de notre ère, plus précisément le 12, Néron ordonne à Sénèque de se suicider, il décide d’écrire une ultime lettre. Le roman historique nous plonge dans l’esprit de Sénèque, lui qui s’en veut terriblement de n’avoir pu changer Néron. On découvre les coulisses de ces rapports de pouvoir. Sénèque est le narrateur et la plume immersive de Marianne Jaeglé nous fait pénétrer au coeur du palais. Cynique, cruel, et paranoïaque, Néron l’est très certainement, pourtant on sait maintenant que l’incendie de Rome n’est pas le fait d’un ordre donné au plus haut sommet du pouvoir. Suétone et sa Vie des douze César, inscrira dans le marbre de la postérité cette idée que Néron était complètement et tragiquement fou. Un roman historique absolument passionnant et foisonnant qui nous plonge dans les arcanes du pouvoir romain. C’est magnifiquement écrit et je le recommande vivement pour tous ceux qui souhaitent mieux comprendre cette période pour le moins troublée. Le titre de ce roman « L’ami du Prince »donne le vertige quand l’on sait combien cette amitié est factice. À ce degré-là de pouvoir, il ne peut pas y avoir autre chose qu’une relation de soumission d’un philosophe précepteur et de son élève empereur. Durant quinze années, Sénèque a pu voir l’évolution de son protégé, jusqu’à la trahison finale de l’empereur qui accuse Sénèque d’avoir participé à un énième complot contre lui. Sénèque n’a pas peur de la mort et il accepte avec fatalité cet ordre de l’empereur. Ni biographie de Néron ou de Sénèque mais plutôt un récit s’intéressant à « l’amitié » entre Néron et Sénèque. Chacun interprète son rôle dans cette grande farce du pouvoir, un jeu de dupe mais où chacun reste à sa place. L’homme qui se voulait artiste périra par là où il aura pêché. Le 9 juin 68 de notre ère, quelques heures après la prise du pouvoir par l’empereur Galba, Néron est contraint au suicide. De juin 68 à décembre 69, la guerre civile fait rage. On l’appelle l’année des quatre empereurs. Cela n’est pas traité dans le roman, mais je vous donne ces informations pour mieux saisir le contexte politique de cette période troublée. Au final, je ne peux que vous recommander ce formidable roman de Marianne Jaeglé « L’ami du Prince ».
Date de publication : 12 Février 2026 ; Éditeur : Folio ; Nombre de pages : 320 p.
Mon avis :


Formidable roman ! Si bien écrit qu’on ne peut plus le lâcher jusqu’à la fin. Par ailleurs lauréat du Prix Orange 2024 auquel j’ai participé en tant que juré (quel formidable souvenir d’avoir côtoyé l’autrice, adorable de gentillesse, et Jean-Christophe Rufin, président pour le prix).
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Merci Frédéric!
🌞🌞🌞🌞🌞
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Comme je t’envies d’avoir pu participé en tant que juré au prix Orange 2024. J’aivais vu qu’elle l’avait remporté. Je te rejoins totalement, son roman est magnifique et tellement bien écrit. J’aime aussi beaucoup les roman de Jean Christophe Rufin. Si talentueux lui-aussi.
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Passionnant 👍🏻
Merci Frédéric 🙏🏻👏🏻💙
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