
Je remercie chaleureusement les éditions du Seuil ainsi que Babelio pour cette lecture passionnante !
Ma chronique :
« M. Gouevo veut guérir de la Shoah » publié aux éditions du Seuil avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah est une formidable invitation à la réflexion, à la compréhension de la transmission de la mémoire de la Shoah entre souvenir et oubli. Mikhaël Allouche et Ana Waalder font preuve d’une grande pédagogie pour nous parler et aborder des thématiques loin d’être évidente, notamment depuis le 7 octobre 2023 et les massacres commis par le Hamas en Israël. La guerre qui s’en est suivi à Gaza entre le Hamas et Israël a provoqué des crispations un peu partout dans le monde et en France aussi où certains parlent d’un génocide des Palestiniens à Gaza. La terminologie de la Shoah est employée comme un syllogisme ne permettant pas d’opposer la contradiction. Les deux auteur(e)s ont usé d’une grande rigueur intellectuelle pour expliquer en quoi il y a des abus dans l’utilisation dévoyée de ces concepts. M. Gouevo n’a pas de visage dans le roman graphique de façon à s’identifier plus facilement à sa quête. Il fait partie des 3e et 4e générations après la Shoah. Un pirate juif ottoman débarque du XVIᵉ siècle et lui ordonne de guérir de la Shoah. Un parti pris décalé que celui de l’apparition de ce pirate tout comme le choix des illustrations au style très particulier et colorées. M. Gouevo pensait que cette histoire ne le concernait pas, mais il va découvrir que la Shoah a touché sa famille. On est pris dans cette recherche et on remonte le temps pour découvrir le passé de cette dernière, ainsi que le sort funeste réservé aux juifs depuis de nombreux siècles. La mémoire est au cœur de ce roman graphique, elle est mouvante et nullement figée. Comment appréhender la question de la Shoah à présent que les principaux témoins s’éteignent ? La transmission de cette mémoire est primordiale. On convoque dans ce roman graphique des historiens qui apportent une rigueur, celle des faits établis par la recherche historique. J’ai beaucoup aimé ce roman graphique, que je trouve courageux, car il n’évite aucun des débats qui agitent la communauté juive en France (mais pas seulement nos compatriotes de confession juive). A l’heure où l’antisémitisme resurgit, c’est une lecture importante et salvatrice, un outil pédagogique important pour les professeurs dans leur mission d’enseignement à l’égard de nos jeunes. Une historienne parle plutôt d’un « devoir d’histoire » que d’un devoir de mémoire. J’ai trouvé cette idée très intéressante. Vous l’aurez compris, c’est un roman graphique riche à plus d’un titre que je recommande pour toutes les raisons émises plus haut. N’hésitez pas.
Date de publication : 25 avril 2025 ; Éditeur : Seuil ; Nombre de pages : 176 p.
Mon avis :

Merci Frédéric pour cette découverte, ce roman graphique a l’air très instructif. Effectivement le devoir de mémoire ou d’histoire est plus que nécessaire. Et c’est également essentiel de savoir de quoi on parle, les mots ont un sens. Le terme génocide a une définition précise, spécifique, c’est un terme encadré par le droit international. Pourtant il n’est pas applicable uniquement à la Shoah, il y a eu, hélas, d’autres génocides après. Dont on ne parle quasiment jamais. Pour illustrer mes propos il faut savoir que le terme génocide ne peut pas être utilisé dans le cas des horreurs commises par les Khmers rouges sur leur propre peuple, les Cambodgiens (Presque deux millions de morts), mais seulement pour la communauté vietnamienne et Cham (de confession musulmane). C’est effectivement un mot à utiliser avec précaution et à bon escient. Ce qui n’enlève rien à la folie des hommes et à l’horreur des crimes de guerre.
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Seul ce qui s’oublie se répète, autrement certes, mais la répétition est bien là.Et en effet comme vous les dites Frédéric et Céline, il y a actuellement une totale perversion des termes utilisés, on parle d’otages quand il y a une grève qui empêche le libre accès à tout, de génécide quand deux peuples s’affrontent, la surenchère des mots écrase le langage et aplanit nos esprits. C’est une perte effrayante.Alors merci Frédéric pour cette BD qui remet les concepts en place.
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Tu as totalement raison Céline, le XXe siècle fut le théâtre de nombreux génocides qui ne sont, pour certains, toujours pas reconnu par les bourreaux, je songe au génocide des Arméniens par les Turcs ottomans. C’est toute la complexité de l’utilisation des termes juridiques établis par le droit international. La cruauté n’atteint pas de limite malheureusement. ☺️
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C’est tout à fait ça, malgré l’horreur de la guerre russo-ukrainienne on ne peut pas parler de génocide du peuple ukrainien et c’est aussi vrai pour d’autres conflits actuels. Ce roman graphique aborde une thématique très intéressante. Certains de nos représentants perdent le vrai sens des mots, usent et abusent de termes dévoyés malheureusement. Merci Hedwige 🙂
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bonjour, comment vas tu? merci pour la découverte. c’est intéressant. passe un bon jeudi et à bientôt!
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Bonjour Virginie, merci à toi de m’avoir lu. Je te souhaite une excellente soirée 🙂
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Merci pour la découverte de cette BD qui semble plus que nécessaire de lire, a fortiori dans le contexte actuel. Cet idée de devoir d’histoire est intéressante et me semble pouvoir s’ajouter au devoir de mémoire qui s’intéresse probablement plus à l’humain. Quant aux mots, je crois qu’on a de plus en plus tendance à les dépouiller de leur sens…
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Merci Fred 🙏🏻
Le titre de ce roman graphique interroge sur le devoir de mémoire. J’ai beaucoup aimé tes mots sur ce livre.
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Merci beaucoup, c’est un roman graphique qui fait réfléchir sur une problématique loin d’être évidente. Bon weekend à toi ☺️☀️
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C’est tout à fait ça, les mots sont vidés de leur sens et on en abuse dans les médias et ailleurs créant des confusions dans l’esprit des gens. Un roman graphique qui fait réfléchir à tout ça et qui se lit très bien. Merci à toi, passe un très bon week-end 🙂☀️
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Bonjour Frédéric, c’est important que de tels livres existent, pour les jeunes et les moins jeunes. Redonner aux mots leur sens exact et précis, cela permet de résister aux propagandes et aux raccourcis intellectuels qui sèment la confusion. Le terme de génocide ne devrait être utilisé qu’à bon escient, ce qui n’enlève rien à la gravité de certains autres crimes. Merci beaucoup pour cette présentation 🙏😊 Belle journée à toi 🌿🍀📚🤩🌞🕶
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Un titre étrange qui ne m’aurait pas attiré de prime abord.
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Bonjour Marie-Anne, merci beaucoup 🙏 oui en ces temps troublés, il est bon de rappeler que les mots ont un sens et ne doivent pas être dévoyés au nom d’idéologies. Un roman graphique qui fait réfléchir, qui questionne. Merci pour ton commentaire Marie-Anne 🙏😊 je te souhaite une belle journée ✨☀️📚😊
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J’avoue que le titre m’a interloqué moi aussi. Rarement vu un titre aussi étrange. Le roman graphique est intéressant par contre. 🙂
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Merci et bonne soirée 🙂
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Je trouve l’idée de ce roman graphique très intéressante et plutôt originale. Je ne m’y serais peut-être pas plongée s’il s’était agit d’un livre. Je vais voir si ma médiathèque peut l’avoir.
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Le côté roman graphique permet d’alléger un propos qui pourrait être plus « ennuyeux » en livre. Le sujet abordé est intéressant et très actuel. Je te souhaite un très bon weekend Caroline 🙂
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Que dire, si ce n’est qu’il ne faut pas oublié pour que l’histoire ne se répète pas §
Merci Fred pour cette belle découverte 🙏😊 pour ta chronique parfaitement amené sur ce sujet fort sensible que malheureusement certains remettent encore en cause
Bises pluvieuses parisiennes😘
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Un sujet sensible et je trouve d’ailleurs courageux d’aborder ce sujet o combien essentiel à transmettre pour les générations futures. Une BD intelligente et accessible. Merci à toi Geneviève 😊🙏
Bises bretonnes pluvieuses 😘
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Oui la transmission est importante 😀
Merci pour ce devoir de mémoire man Fred ! 🤩
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