Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine ainsi que Babelio pour cette lecture passionnante !

Ma chronique :

Nous sommes à Savage Ridge, paisible bourgade de cinq mille âmes. En apparence tout du moins. La famille Saint John dirigée par le patriarche est l’une des plus grosses fortunes de la région. Rien ne se passe sans son assentiment. Il dirige l’essentiel des entreprises et des maisons qu’il loue à Savage Ridge. Lorsque son fils Sammy disparaît, il remue ciel et terre pour le retrouver, mais je devrais plutôt dire ses réseaux et la police, notamment Barry Poplar le shérif local qu’il traite avec un profond mépris. Dès les premières lignes, nous assistons à l’assassinat de Sammy Saint John par trois lycéens : Emmy, Nicholas et Peter. Ils ont tout prémédité jusqu’à prévoir des alibis difficiles à remettre en cause. Ils étaient au cinéma à ce moment-là. Le dossier est classé sans suite faute de corps et d’aveux des trois adolescents qui décident de quitter la ville. Dix ans plus tard, ils sont de retour, piégés par une enquêtrice engagée par les Saint John. Le passé ressurgit d’autant plus que le frère aîné et le patriarche sont persuadés de leur culpabilité et vont tout faire pour les faire avouer. Oui, mais seulement, qui était Sammy ? Il cache un lourd secret, pourquoi la famille Saint John souhaite-t-elle faire taire certains éléments du passé ? Pourquoi Emmy, Nicholas et Peter ont ils commis ce meurtre ? Pourquoi une telle haine contre les Saint John ? Le récit est choral, chaque chapitre alternant avec un personnage différent et la temporalité oscille entre l’avant et aujourd’hui. Les secrets vont peu à peu ressurgir dans cette petite communauté.

C’est un roman sur la culpabilité et le poids qui l’accompagne. La famille Saint John n’est que morgue et mépris envers tout le monde. Le père traite le shériff et les enquêteurs qui se succèdent comme des employés à sa merci. C’est un être méprisable, arrogant, violent qui dissimule certains éléments de la vérité. Le suspens est implacable avec une belle maîtrise narrative, un style d’écriture agréable et des personnages qui ne sont jamais tout blancs ou tout noir mis à part les Saint John qui sont détestables du début à la fin. Le thriller est rondement mené et l’on remonte les ramifications de ce meurtre sans temps mort. « Tous des animaux » est le tout premier roman publié en France par Morgan Greene, aux éditions Sonatine. On n’est jamais déçu avec les éditions Sonatine qui publie ici encore un thriller puissamment évocateur et diablement efficace. On est transporté par cette histoire originale. C’est aussi un récit sur la vengeance. À t’on le droit d’appliquer la loi du talion même si l’individu assassiné est un être détestable ? Cela soulève de nombreuses questions auxquelles ce thriller tente de répondre avec subtilité. Morgan Greene tisse la toile de son récit et petit à petit les pièces du puzzle se mettent en place jusqu’à un final détonnant. Le fait de savoir dès le début qui a tué Sammy n’enlève en rien à l’intérêt du récit, bien au contraire puisque l’on cherche à comprendre ce qui les a amenés à commettre l’irréparable. Mais pas seulement. Au final, on obtient un excellent thriller, rondement mené, que je vous recommande. J’ai adoré.

Date de publication : 6 février 2025 ; Éditeur : Sonatine ; Nombre de pages : 416 p.

Mon avis :

Note : 5 sur 5.