Ma chronique :

« Quand le premier bébé a ri pour la première fois, son rire s’est brisé en un million de morceaux, qui sautèrent de tous côtés. Ce fût le commencement des fées ». James Matthew Barrie

Nous connaissons tous « Peter Pan et Wendy », un roman publié outre-manche en 1911 et qui fût adapté un nombre incalculable de fois, notamment par Disney en 1953. Il faut dire que le personnage de Peter Pan, créé par l’auteur écossais James Matthew Barrie (1860-1937), est intemporel et qu’il touche toutes les générations, des enfants aux adultes, nous avons tous notre façon personnelle d’appréhender le mythe de Peter Pan. Ce que l’on sait moins, c’est qu’en 1902 fût publié « Le Petit Oiseau blanc », un roman dans lequel J.M. Barrie nous livre pour la première fois son personnage fétiche : Peter Pan. Durant six chapitres, au cœur de ce livre, il parle de celui qui n’est ni un enfant, ni un oiseau, mais un entre deux. « Peter Pan dans les jardins de Kensington » peut être considéré comme un préquel avant le Pays Imaginaire, Wendy, Clochette et le Capitaine Crochet. José-Luis Munuera livre ici une adaptation très personnelle dont l’action se déroule dans les Jardins de Kensington. On y retrouve une petite fille âgée de six ans, Maimie Mannering, perdue dans ces Jardins de Kensington. Vous découvrirez à la fin pourquoi. Elle y rencontre Peter Pan. Un garçon qui n’en est pas un, qui parle aux oiseaux, dont son ami le corbeau et qui vole comme eux. La nuit, les fées apparaissent à nouveau après s’être cachées toute la journée. Elles laissent de la poussière de fée magique dans leur sillage. Mais attention, ces fées-là ne sont pas vraiment gentilles et elles malmènent les humains osant s’aventurer dans Kensington. Peter Pan parle à Maimie de Neverland, le pays où les enfants ne grandissent jamais et où il souhaite l’emmener. Mais Maimie veut rentrer chez elle. Alors, elle devra résoudre une énigme délivrée par la reine des fées. Mais attention, des ombres hantent ces jardins tandis que des arbres parlant se méfient des enfants humains. C’est à un monde fantastique et mystérieux auquel nous convie José-Luis Munuera dans cette très belle adaptation d’un Peter Pan qui n’a pas grand-chose à voir avec son cousin de Disney, mais dont Munuera reprend ici dans ses illustrations la silhouette si reconnaissable entre toutes. Les dessins sont magnifiques tout comme les couleurs de Sedyas qui réalise un travail remarquable. On retrouve la magie et l’émotion propre à cette histoire. On y découvre le caractère de Peter Pan qui se révèle ici totalement orgueilleux, capable des gestes les plus inconsidérés, d’une grande naïveté pour ce qui concerne la vie des humains. Pour lui, seul compte l’amusement. Mais il possède une face cachée et va découvrir la vérité sur sa véritable nature. On passe de la candeur de l’enfance, aux yeux humides lorsque Peter nous dévoile une part refoulée de qui il est véritablement. Une BD pleine de magie, de fantastique, d’émotions dans ce monde nocturne, au cœur des Jardins de Kensington, sous la reine Victoria. J’ai adoré !

Date de publication : 30 août 2024 ; Éditeur : Dargaud ; Nombre de pages : 96 p.

Mon avis :

Note : 5 sur 5.