Ma chronique :

Offrir au public une suite du sublime et culte « Gladiator » était une gageure. Ridley Scott bien moins inspiré depuis plusieurs longs métrages déjà, a néanmoins cédé à cet appel des studios voyant là, très certainement, le moyen de redorer son blason. Quant un film a autant marqué, il est difficile de faire mieux ou au moins d’égaler celui-ci. Ici avec « Gladiator II » on court durant tout le film derrière ce passé glorieux, mais malheureusement, c’est assez vain. Le scénario est le gros point faible de cette suite, car il reprend, peu ou prou, les mêmes éléments que pour son aîné, mais sans l’inspiration, sans le souffle épique, et c’est bien dommage. Non pas que le film soit désagréable, il ne l’est pas, mais il souffre des mêmes errances que dans les toutes dernières réalisations de Ridley Scott. Des effets spéciaux, aussi beaux soient-ils, ne compensent pas l’indigence d’un scénario. Que veut-il nous raconter ? Eh bien pas grand-chose que l’on a déjà vu en beaucoup mieux dans le premier et c’est dommage. Outre les erreurs historiques consternantes (comme pour Napoléon) concernant la reconstitution avec notamment des requins dans le Colisée lors d’une bataille naval (vous avez bien lu), les caractères des différents personnages manquent d’épaisseur et sont même caricaturaux pour les deux jumeaux hystériques empereurs de Rome : Geta et Caracalla. N’est pas Joaquin Phoenix qui veut. Là où ce dernier suscitait une forme de malaise face à son mal-être et sa perversité, ici les deux pauvres acteurs jouant les deux empereurs sont si caricaturaux qu’on en sourit. Car le casting n’est pas à la hauteur. Paul Mescal est à des années lumières du charisme de Russel Crowe. Il peine à exprimer des émotions, des failles et semblent être uniquement une machine à tuer dans l’arène. Je l’ai trouvé fade, mais encore une fois, le scénario n’a pas dû l’aider à livrer une performance d’anthologie. Denzel Washington, lui, à l’opposé, est absolument parfait dans son rôle de politicien plein d’ambition et on sent qu’il a pris un malin plaisir à rendre son personnage ambigu. Il vole la vedette à Paul Mescal. Ridley Scott peine à rendre cette suite mémorable. Sans être un mauvais film, loin de là, car il possède des moments épiques, mais malheureusement trop rares, « Gladiator II » s’enlise dans le sable du Colisée.

Mon avis :

Note : 2.5 sur 5.