Je remercie chaleureusement les éditions du Seuil ainsi que Babelio pour ce service de presse.

Ma chronique :

On ne présente plus l’historienne Mary Beard, autrice du best-seller « SPQR, histoire de l’ancienne Rome » chez Perrin en 2016. Britannique, elle est professeure émérite d’histoire romaine à Cambridge. Sa force est d’alliée savoir historique plus poussé et approche plus grand public. Ses livres d’histoire peuvent se lire comme des romans historiques, avec toutefois la rigueur d’une historienne passionnée et voulant transmettre au plus grand nombre son amour pour l’histoire romaine. « Imperator, une histoire des empereurs de Rome » s’inscrit dans cette lignée qui a fait sa réputation auprès du grand public. Mary Beard n’a pas peur de rendre accessible son savoir universitaire. Nous sommes ici en face d’un ouvrage qui peut se lire de deux façons : les néophytes y trouveront des anecdotes sur la vie des Empereurs tandis que les autres, davantage connaisseur, puiseront dans les détails nombreux sur les arcanes du pouvoir impérial, de quoi se sustenter intellectuellement. Ces deux strates se conjuguent parfaitement. À noter également la présence de nombreux documents iconographiques qui rendent cette expérience de lecture des plus agréable. Place au synopsis à présent.

D’Auguste à Alexandre Sévère, des dizaines d’empereurs ont gouverné, plus ou moins brièvement, l’Empire romain. Auguste fût le premier empereur de Rome. Pendant des siècles, le modèle impérial évolua peu. Il y eût beaucoup de fantasmes sur la vie de ces hommes considérés comme des Dieux à leur mort. Pas tous néanmoins, puisque d’autres furent voués à la damnatio memoriae. Le cinéma a façonné l’image de certains tyrans comme Caligula, Néron, Domitien, Caracalla, etc. À l’inverse, un Marc Aurèle, par exemple, a laissé une image très positive. Mary Beard ne choisit pas une approche chronologique, mais bien plutôt thématique et transversale en nous faisant plonger dans la Rome impériale. Les questions sont nombreuses : comment régner sur un Empire aussi vaste ? Comment vivait-on dans le palais impérial ? Était-il le coupe-gorge resté dans la postérité ? Il faut dire que le nombre d’empereurs assassinés à de quoi donner le tournis. Qui participaient aux rouages de la machinerie bureaucratique qu’était l’empire ? L’empereur était aussi l’homme de guerre, le garant de l’unité de l’empire, un demi-dieu et la population était invité, par souci d’adhérer à l’Empire, de célébrer le culte impérial. Ce dernier posera des problèmes aux chrétiens qui refuseront de se plier à cette injonction impériale. Mary Beard s’intéresse aussi bien aux esclaves, qu’aux cuisiniers, aux secrétaires, aux bouffons, mais aussi aux femmes de pouvoir qui, pour certaines, tenteront d’influer de façon importante sur la politique de leur fils ou mari empereur. L’historienne s’intéresse aussi bien à la grande qu’à la petite histoire.

C’est un ouvrage accessible, quoiqu’érudit, où Mary Beard nous plonge dans les arcanes du pouvoir impérial. Jamais avare d’anecdotes sur les empereurs et leur profonde solitude, leur folie pour certains, on lit ce livre avec un plaisir certain. Si vous aimez l’histoire romaine et si vous voulez apprendre des choses sur les empereurs romains, les mécanismes du pouvoir, alors cet ouvrage est pour vous. 528p. Qui se lisent très bien. Certaines anecdotes sont truculentes. Au final, un livre d’histoire réjouissant qui, malgré quelques longueurs, nous offre un panorama de cette histoire des empereurs de Rome. Attention, il ne s’agit pas ici des biographies de la trentaine d’empereurs sur 250 années. On s’intéresse à la vie quotidienne de ces derniers, mais dans un ordre qui n’est pas chronologique. C’est à mon sens, un des atouts du livre. On découvre les coulisses du pouvoir, des plus humbles aux plus proches conseillers de l’empereur. C’est à découvrir.

Mon avis :

Note : 4 sur 5.

Date de publication : 6 septembre 2024 ; Éditeur : Seuil ; Nombre de pages : 528 p.