Synopsis : Pour un agent de la CIA envoyé sur le terrain, les frontières n’ont plus d’importance. L’objectif est de s’infiltrer, d’accomplir sa mission et de quitter la zone par tous les moyens. Mais dans certaines régions hostiles, aux confins du Pakistan, de l’Iran et de l’Afghanistan, la violence est la seule voie pour survivre. Et lorsque l’exfiltration d’une source cruciale conduit cet agent à croiser la route d’un terroriste qu’on disait mort, c’est la sécurité de tout l’Occident qui est menacée.

Ma chronique : On avait quitté Terry Hayes des étoiles pleins les yeux avec son formidable « Je suis Pilgrim« , un Best-seller mondialement célébré par le public et les critiques. Il aura fallu près de dix ans pour voir paraître un autre ouvrage de l’auteur anglo-australien. Et quel roman d’espionnage, à mi-chemin entre John Le Carré et Mission impossible. Avec « L’Année de la sauterelle », un véritable page-turner estival de près de 700 pages, mais qui se lisent comme le roman que tout auteur de thriller d’espionnage aimerait réaliser. Il y a un sens du rythme et une maîtrise du récit qui rendent le lecteur totalement addict. Vous n’allez pas être au bout de vos surprises car Terry Hayes fait une incursion remarquée dans la SF dans la seconde partie du récit. Un récit, tout d’abord, très classique, avec un agent de la CIA exceptionnel, chargé d’infiltrer les zones interdites les plus dangereuses de la planète : Le Pakistan, l’Afghanistan, l’Iran pour retrouver un terroriste, ayant combattu dans les rangs de Daech, à un rang très élevé. La défaite de Daech étant consommée, le colonel ancien des Spetsnaz, les forces spéciales russes, partira pour l’Iran et ces zones montagneuses pour reconstituer, ce qu’il appellera, l’armée des Purs. Une menace plane sur l’Amérique, avec l’annonce d’un grand « feu d’artifice », qui dans le jargon terroriste décrit un attentat majeur. C’est la première moitié du roman et elle est palpitante. Et puis sans que l’on voie venir les choses, la seconde partie du roman nous conduit sur un versant SF tout aussi passionnant dont je ne vous dévoilerais rien pour ne pas vous ôter le plaisir de la lecture. A chaque fois, Terry Hayes retombe remarquablement bien sur ses pattes. On est impressionné par cette façon habile de mêler deux genres dans un même récit. Le narrateur qui est cet agent de la CIA est profondément attachant. Il a ses failles lui-aussi. Il est remarquablement doué et il doit sauver l’Amérique. Dit comme cela, on peut se dire que ce n’est qu’une énième relecture du héros américain sauvant le monde. Mais bien au contraire, Terry Hayes apporte tout son talent de scénariste (Il fût entre autres le scénariste des Mad Max au cinéma dans les années 1980) pour ne pas tomber dans ce piège. Il a un sens inné pour tenir en haleine le lecteur. On prend une véritable claque littéraire avec « L’Année de la sauterelle », nom d’un fléau qui surgit de la terre pour semer la désolation. Énormément d’actions pures, mais aussi des digressions sur la vie de notre agent, sur l’Amérique encore traumatisée par le Vietnam mais aussi toutes les guerres qui ont suivi le 11 septembre 2001. Si vous voulez vous détendre sans vous ennuyer cette lecture est faite pour vous. C’est d’ores et déjà un des thrillers de l’année 2024. Du divertissement qui donnerait un film, à coup sûr, grandiose. Terry Hayes est décidément un auteur majeur de thriller d’espionnage. L’attente aura valu le coup. C’est un énorme coup de cœur.

Mon avis :

Note : 5 sur 5.

HAYES, Terry. « L’Année de la sauterelle ». JC Lattès, 2024. 688 p.