LITTERATURE ET HISTOIRE

Littérature : « La Douceur de nos champs de bataille » de Yiyun Li

9782714481146ORIL’Histoire : J’ai failli être à ta place un jour, et c’est pour ça que je me suis permis d’inventer ce monde pour parler avec toi. On peut supporter la tristesse, mais elle est une garnison impuissante contre la cécité de la tragédie. Le suicide d’un adolescent, le deuil d’un parent. Le dialogue qu’imagine une mère avec son enfant pour continuer à lui parler, à l’entendre, à le faire exister. Le cache-cache intellectuel de deux esprits marqués par le sceau de la création.

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Je remercie les éditions Belfond ainsi que NetGalley pour leur confiance.

Yiyun Li vit dans le New Jersey avec sa famille. Salués par la critique, notamment pour son livre « Après Un beau jour de printemps », l’auteure nous reviens avec « La Douceur de nos champs de bataille« , un court roman profondément touchant et délicat, rendant hommage à son fils disparu à l’âge de seize ans. Il paraît chez Belfond en cette rentrée littéraire. Ce titre magnifique et profondément mélancolique cache un écrin de poésie, de sensibilité où l’auteure dresse les écheveaux qui peuvent lui permettre d’imaginer par le biais des mots, ses mots, un échange entre la mère qu’elle est et son fils disparu à l’âge de seize ans seulement. Un âge de tous les superlatifs où l’on vibre pour ces passions, pour ces amis(e), un âge où l’on questionne le monde et où la souffrance devient parfois notre meilleure compagne. Le suicide de son fils, un élève brillant, mais sans doute trop idéaliste, trop perfectionniste a plongé Yiyun Li dans un deuil où se mêle l’inévitable sentiment de culpabilité, le manque de son fils et la tristesse, la douleur d’une mère se posant mille questions qui n’auront sans doute jamais de réponse. C’est à ce dialogue, plein de pudeur et d’amour, auquel nous prenons part en rejoignant en pensée ces deux êtres. C’est également une formidable preuve de la force cathartique de la littérature, de son caractère apaisant qui soulage la souffrance psychique liée à un deuil. La perte d’un enfant est sans doute l’épreuve la plus terrible que l’on puisse affronter dans une vie. Je rends hommage à l’écriture tout en nuance et subtilité, pleine d’imagination et de pudeur de Yiyun Li. Grâce à cela et malgré la gravité du sujet, l’on ressort de cette lecture le cœur apaisé et reconnaissant d’avoir pu assister à ce petit miracle, ce moment de grâce en suspension entre la terre et le ciel.

Ma note: 5/5.

Broché: 160 pages
Éditeur : Belfond (22 août 2019)
À paraître le 22/08/2019

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(41 commentaires)

  1. Coucou Fred! Belle chronique pour un livre qui semble très sincère et authentique. Je n’ose imaginer la souffrance et le processus de deuil de l’auteure … comme tu le dis je pense que c’est le pire de perdre son enfant…
    La littérature et l’écriture ont ces vertus cathartiques. Si l’auteure a pu d’une manière ou d’une autre se libérer un temps soi peu de sa souffrance c’est l’essentiel.
    Merci pour ta belle sensibilité Fred!
    Gros bisous d’Alsace!

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  2. Coucou Gwen ! Merci beaucoup 😊 c’est un livre sensible, poétique, mélancolique mais aussi lumineux. En effet, on ressort de cette lecture le cœur en paix. Le David Vann sur le suicide de son père était éprouvant, celui-ci est apaisant. Elle a une très jolie plume en plus. Des bisous de Bretagne pour mon amie Alsacienne ! 😊 doudou de Malzenn🐶

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  3. Le livre semble véhiculer énormément d’émotions que tu transmets fort bien… Mais un tel sujet m’effraie, probablement parce que j’ai au fond de moi cette peur ancestrale de perdre un de mes enfants…

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  4. Coucou Cat ! Merci beaucoup. C’est un livre sur le deuil et on en ressort comme apaisé, le cœur en paix. Yiyun Li a un style d’écriture tout en pudeur. Plaisir partagé que celui d’échanger avec toi. Passe une excellente soirée, Bisous de Bretagne 😊🌊

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  5. Merci beaucoup ! un livre d’une auteure (j’utilise aussi « autrice » même si l’académie française ne reconnaît pas ce mot apparemment.. ^^ ) au style poétique, pudique, sensible. Le deuil y est abordé avec un regard apaisant. Je suis ressorti de cette lecture avec une sorte de luminosité dans le cœur alors que je m’attendais plutôt à l’ombre que l’on associe à la mort. Je pense qu’il te plairais. Merci à toi de me lire ainsi que pour tous ces échanges 😊

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  6. Merci Colette ! Je t’avoue que j’ai préféré ce livre à celui sur la Roumanie. Ce dialogue entre une mère et son fils trop tôt disparu est une pépite. On en ressort apaisé. Je te le recommande. Passe une belle journée avec ce soleil qui nous fais plaisir ce weekend en Bretagne 😊

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  7. Je te trouve très courageux de lire ce genre de roman… Je ne pourrais pas. Il faut certainement une bonne dose de courage aussi pour les écrire! Mais j’oublie que l’écriture peut être une excellent thérapie…
    Bonne semaine, à bientôt !

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  8. Merci pour ton retour Joëlle. J’ai tout de suite été attiré par cette histoire, la couverture, l’auteure.. Je l’avais repéré bien avant sa sortie. J’aime comprendre ce qui sous-tend une telle souffrance, celle de perdre son fils d’un suicide. Tu as raison, l’écriture et la thérapie sont intimement liées. La catharsis qui permet d’évoluer vers la sublimation.. Il y a de la lumière dans ce livre même si le sujet remue des choses enfouis en chacun de nous. Belle soirée à toi Joëlle, @très vite 😊

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  9. Oh je suis désolée d’être si lente… je reviens te lire tout bientôt, tes chroniques sont toujours passionnantes, tes lectures tellement éclectiques, et pleines de sensibilité. J’aime beaucoup ton écriture – j’y perçois des résonances avec la mienne… bises.

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